
Simon GUILLEBAUD, Zélés pour Dieu, Un appel à être des sacrifices vivants, tr. de l’anglais (Sacrifice,2013) par Loanne PROCOPIO, Marpent, BLF, 2021, 78 p.
Zélés pour Dieu est un court mais très puissant livre de Simon Guillebaud. Malgré son petit nombre de pages (seulement 75), il déborde d’exhortations ferventes pour tout disciple de Jésus-Christ. A vrai dire, je ne pense pas que j’étais suffisamment prêt à lire un tel livre qui me mette autant au défi ! Dans son style presque bonhoefferien, ce missionnaire au Burundi nous exhorte à mener une vie entièrement consacrée à Christ quoi qu’il en coûte.
Ses encouragements sont accompagnés de multiples exemples de croyants qui nous ont précédés et qui servent de modèles dans ce domaine. Si vous êtes fan de biographies chrétiennes, vous allez apprécier les citations de héros tels que Hudson Taylor, John Paton, William Booth, George Whitefield, John Wesley, George Müller, entre autres !
Le livre se base sur un seul verset, Romains 12,1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » Guillebaud emploie ce verset comme tremplin pour nous livrer cinq aspects du sacrifice chrétien : « 1. Un sacrifice plein de grâce » ; « 2. Un sacrifice urgent » ; « 3. Un sacrifice volontaire » ; « 4. Un sacrifice saint » ; « 5. Un sacrifice logique ».
Pour rester bref, voici deux (parmi de nombreux !) défis que ce livre m’a lancés personnellement :
(1) Considérer le sacrifice comme un privilège
Ce qui saute aux yeux partout dans cet ouvrage, c’est le ton avec lequel l’auteur parle du sacrifice dans la vie chrétienne. On aurait présumé qu’un tel thème apparaisse sombre, triste, ou même tendant à l’apitoiement. Mais l’auteur ne le conçoit pas ainsi ! Il voit le sacrifice non comme un inconvénient, mais comme un vrai privilège. Il déclare : « les mots ‟privilège” et ‟sacrifice” sont eux indissociables » (p. 14).
Il est rare de trouver un ouvrage qui promeuve une telle vision des souffrances dans le discipulat. Et la perspective me semble tout à fait biblique au regard de la réaction des premiers disciples face à leurs souffrances. Car nous lisons qu’ils étaient même « joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus » (Ac 5,41 ; cf. Ph 1,29). Est-ce que nous concevons honnêtement nos souffrances pour Christ comme un privilège ?
(2) Vivre à la lumière de l’éternité
Selon l’auteur, ce zèle pour Dieu est quelque chose qui vient d’une compréhension claire des choses éternelles, et surtout de la réalité de l’enfer. Au chapitre 2 (« le sacrifice urgent »), Guillebaud nous implore de reconnaître que nous n’avons qu’un temps limité pour faire connaître l’Évangile à ce monde qui est en train de passer. Après un rappel de la réalité de la punition éternelle en 2 Thessaloniciens 1,8-9, l’auteur ajoute : « De tels versets ont poussé de multiples générations de missionnaires à annoncer la Bonne Nouvelle aux quatre coins du monde, à risquer des souffrances indescriptibles et à offrir leur vie comme un sacrifice vivant » (p. 31).
Ce chapitre m’a grandement servi, moi qui ai souvent tendance à oublier l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle. L’auteur nous encourage à marcher sur les traces de ceux qui ont annoncé avec hardiesse le seul message qui sauve éternellement.
Mais gardons l’Évangile à l’esprit !
Mais si je devais mettre le doigt sur un défaut dans ce livre, sans trop hésiter ce serait le manque de respect du contexte de ce verset phare qu’est Romains 12,1. Dans la toute première phrase du livre, l’auteur veut nous convaincre (avec raison !) que « la grâce est au cœur du sacrifice » (p. 14). Et pourtant, personnellement je n’y trouve pas une explication claire de cette grâce dans l’Évangile. Par exemple, en parlant des « compassions de Dieu » au premier chapitre, l’auteur nous encourage à revoir ce que Dieu nous a donné sur le plan de « la santé, la nourriture, l’eau potable, l’électricité, la liberté de culte, la sécurité, l’éducation, la paix » (p. 20-21).
Certes, ces choses sont de vrais dons immérités provenant de notre Dieu, mais force est de constater que Paul avait plutôt en tête la grâce expliquée dans les onze chapitres précédant Romains 12,1 : la justification des impies, la rédemption par le sang de Christ, la paix avec Dieu, l’adoption, le don de l’Esprit, l’espérance de la gloire, etc. Ces bénédictions-ci sont malheureusement peu mentionnées dans ce livre ; à mon avis, les mettre en évidence aurait donné plus de motivation à être zélé pour Dieu !
Pour cette raison, je pense que ce livre est extrêmement encourageant et nous met au défi, mais sous réserve qu’on garde en tête l’explication biblique de la grâce. Je ne pourrais pas mieux dire que ce qui est écrit dans la préface : « Ce petit livre de Simon Guillebaud est d’une grande valeur si vous désirez vous réveiller afin de vivre pour Christ. Son étude de Romains 12,1 et ses récits inspirants de figures chrétiennes du passé vous passionneront ! » (p. 10).