Véganisme

Recension
Calendar30 décembre 2023
PersonAmandine Bayet
Couverture

Joël FAVRE, Véganisme (Ethique en questions), Lyon, Clé, 2023, 84 p.

Est-ce qu’un chrétien peut être végane ? Est-ce que pratiquer le véganisme est la volonté de Dieu pour les hommes ? Ou bien la philosophie végane est-elle une hérésie ? Qu’y a-t-il à rejeter et que faudrait-il retenir de ce mode de vie ? Comment devrait-on réfléchir aux questions de l’environnement et du bien-être animal ?

Si vous vous posez l’une de ces questions ou si vous cherchez à grandir dans vos réflexions sur la vie chrétienne, ce livre est pour vous et je vous le recommande vivement.

Ce livre a de bonnes fondations bibliques, mais c’est aussi un livre qui interpelle et qui nous appelle à transformer nos vies dans les plus petites choses qui soient, comme nos achats alimentaires, pour honorer Dieu et offrir un bon témoignage au monde. C’est un livre qui m’a personnellement édifiée, conscientisée et appelée à changer.

Je mets en évidence quatre atouts. Premièrement, Véganisme de Joël Favre est centré sur l’Evangile. Bien que le livre traite du début à la fin de la question du véganisme, Favre ne manque pas de rappeler qu’avant tout c’est l’Evangile qui prime, que c’est ce qui nous unit et que l’importance de la question est à relativiser. Comme il l’exprime lui-même dans ses réflexions finales (p. 65) :

un disciple de Christ fera preuve à la fois de retenue et de réalisme sur le sujet qui nous concerne : de retenue sur les questions alimentaires, car il sait que le péché qui nous éloigne de Dieu relève du cœur, et ne concerne pas le manger ni le boire ; de réalisme quant à son engagement pour le bien-être animal ou la cause environnementale, car il sait que la souffrance et la mort subsisteront tant que le péché subsistera. En Jésus, nous comprenons la gravité du problème du péché.

Deuxièmement, ce livre est fondé sur la Bible. Pour chaque argument et chaque démonstration, l’auteur utilise sa Bible et nous montre par le biais de divers textes bibliques pourquoi nous pouvons raisonnablement tenir chaque position et pourquoi certaines positions ne tiennent pas la route. D’ailleurs, à au moins deux reprises je me suis dit : « Ah, il pourrait aussi aborder ce passage biblique pour développer cette idée » et à chaque fois, quelques lignes plus loin, le passage était évoqué. Cela dit, il est impossible d’être totalement exhaustif dans un livre si court.

Troisièmement, Joël Favre prend en compte la progression de l’histoire du salut pour soutenir ses propos et analyser les propos tenus par d’autres personnes. En effet, l’une des premières problématiques soulevées par le livre est que certains chrétiens sont persuadés que, bibliquement parlant, nous devrions être véganes car ce serait l’intention première de Dieu. A l’époque d’Adam et Eve, les hommes ne mangeaient pas de viande et ne s’habillaient pas de peau d’animaux. Je vous laisse lire le livre pour découvrir tout le développement. Mais sachez que le point clé de cette argumentaire est de prendre en considération la chute et l’ère dans laquelle nous vivons après la mort de Jésus, et tout cela à la lumière de l’éternité.

Enfin, Favre développe son livre d’une façon très intelligente, ce qui le rend abordable et compréhensible pour tous, et il propose des questions de discussion à la fin.

Dans ce livre, l’auteur incarne les valeurs de l’Institut Biblique de Bruxelles où il est professeur d’éthique.