
John PIPER, Une vie qui compte, Un appel pour cette génération (paru précédemment sous le titre Et si je ne gâchais pas ma vie…), tr. de l’anglais (Don’t Waste Your Life, 2003/2023) par Nathalie SURRE, Romanel-sur-Lausanne, Maison de la Bible, 20243rev, 240 p.
Quel point commun existe-t-il entre ces chrétiens : une mère au foyer, un homme d’affaires, une étudiante, un retraité, un employé, une infirmière ou encore un pasteur ? Eh bien, dans son ouvrage réédité et augmenté, John Piper répond qu’ils n’ont qu’une seule vie à ne surtout pas gâcher. Ainsi, il vous suffit d’être vivant deux fois, c’est-à-dire né de nouveau et présent dans ce monde, pour être concerné par l’appel chaleureux de l’auteur. Quel est donc cet appel ? C’est l’appel à embrasser pleinement notre vocation chrétienne d’adorateurs de Dieu, animés par la passion de propager les louanges du Christ. Cela n’est que l’écho d’une multitude de textes bibliques dont 1 Pierre 2.9.
Êtes-vous insatisfaits de votre vie chrétienne actuelle ? Ce livre est pour vous. Êtes-vous satisfaits de votre vie actuelle mais disposés à examiner la valeur de vos choix de vie à la lumière du projet éternel de Dieu ? Ce livre est pour vous. Qui que vous soyez donc, si le nom de Jésus-Christ résonne dans l’épicentre de vos affections comme étant le nom que votre âme bénit par-dessus tout, ce livre est pour vous.
A quoi vous attendre ? John Piper nous aide à concrétiser ce que nos cœurs de chrétiens ressentent aisément mais que nos pensées ne parviennent pas toujours à formaliser. Nous parlons souvent, et à raison, de la glorification de Dieu et de la joie en lui comme du but suprême de la vie humaine (cf. les catéchismes historiques). Mais ne devrions-nous pas aspirer à décliner de façon pratique ce à quoi ressemble un tel but ? Avec cet objectif clairement affiché dans la préface, l’auteur débute par relater sa propre découverte de cette raison de vivre. Après avoir démontré dans les trois premiers chapitres que la passion chrétienne par excellence est la gloire de Christ, et, au cœur de cela, la passion du Christ crucifié, John Piper déploie les implications de cet appel dans divers domaines de la vie.
Il est d’abord question du coût de la vie consacrée à la gloire de Dieu. C’est là qu’il met en perspective la souffrance en ce qu’elle est une donnée essentielle d’une vie à la gloire de Dieu. Il ne s’agit pas tellement d’un plaidoyer pour davantage de souffrance, mais bien plutôt d’une exhortation à embrasser la souffrance pour l’honneur de Christ.
Un des leviers que l’auteur semble identifier pour une vie de joyeux renoncement au service de la croix du Christ, est la notion de risque. Comment intégrer la notion de risque dans l’équation des choix de vie ? C’est abordé au chapitre 5 – un chapitre aussi surprenant qu’encourageant.
Dans la section suivante, il est question de la compatibilité entre une vie radicalement au service des autres et la recherche ultime de la gloire de Dieu. Autrement dit, l’auteur entend démontrer que c’est la voie excellente pour « glorifier Dieu et prendre plaisir en lui pour toujours » qu’est la voie de l’amour du prochain.
Les chapitres 7 et 8 nous présentent comment notre style de vie, nos possessions et notre travail peuvent être intentionnellement employés à notre belle vocation de chrétiens.
Le chapitre 9 vise à réveiller chez le lecteur l’aspiration chrétienne à contribuer à la mission mondiale.
Le dernier chapitre est une prière de John Piper : prière de louange, prière de reconnaissance et aussi prière d’intercession (pour l’auteur lui-même et pour cette génération).
Il m’est apparu au moins trois grandes forces qui recommandent la lecture de ce livre. Nous pouvons les résumer ainsi : ferveur biblique et informée, centralité de l’Evangile, dynamisme de l’Evangile.
D’abord, la ferveur informée ! J’entends par là que l’auteur est de toute évidence passionné par le sujet et il souhaite communiquer ou du moins encourager ses lecteurs à entretenir une même passion. Mais la chose est faite de façon raisonnée, sans verser dans un sentimentalisme voué à la péremption. Bien plutôt, l’auteur va chercher ses arguments dans les Ecritures qu’il traite en homme expérimenté qu’il est.
Ensuite, de façon répétée, la croix de Jésus-Christ est élevée à son rang de motivation suprême. L’auteur ne se lasse pas de souligner que le message de la mort substitutive et expiatoire du Christ est au cœur de toute entreprise qui glorifie vraiment Dieu.
Enfin, et c’est peut-être la plus grande qualité de l’ouvrage, l’auteur parvient à présenter clairement les implications pratiques de l’Evangile dans la vie chrétienne. Je crois que c’est ici un défi majeur de notre génération. En effet, en écho à Tite 2.11-15, John Piper nous montre que la grâce produit aussi un type de vie zélée qui dit : « pour moi, mourir est un gain car Christ est ma vie » (Ph 1.21).
Imaginez un peu que notre génération entende, comme jamais auparavant, cet appel du Seigneur de gloire…