
Olivier GIROUD, Toujours y croire, Paris, Plon, 2020, 177 p.
Le monde du ballon rond n’est pas seulement des plus intrigants et des plus palpitants mais il pourvoit aussi à un genre de langage. C’est, à mon avis, le langage le plus parlé au monde ! Pour beaucoup, le football est même le centre de leur vie et toute leur semaine est articulée autour du ballon rond. Pour eux, ce magnifique sport est devenu une religion – leur religion ! C’est pourquoi ce livre peut être, dans une certaine mesure, intéressant ! Olivier Giroud, un avant-centre particulièrement efficace, s’est révélé à Montpellier et a éclaté avec Arsenal et Chelsea. Il parle foot et il peut servir de passerelle pour les personnes qui se réclament de cet univers ! Par son livre, le numéro 9 des Bleus peut aider à entamer une conversation sur le sujet de la foi avec nos proches et amis footeux. Son livre Toujours y Croire peut ouvrir le dialogue mais il faudra cependant aller beaucoup plus en profondeur pour assurer la perspective de jouer un match avec nos êtres chers durant l’éternité !
Ce livre est écrit un peu à la façon d’un journal intime. En ces pages, Giroud aborde beaucoup d’événements marquants de sa vie, touchant ainsi à diverses thématiques : ses succès, ses doutes, sa carrière… Il nous livre tout de façon assez franche et nous permet d’entrevoir aussi l’envers du décor de nos soirées au stade ou à la maison lorsque nous sommes derrière nos écrans en train d’encourager notre équipe favorite !
Nous ne pouvons pas parler d’un livre d’évangélisation car ce n’est pas le but du livre. Il ne présente pas clairement l’Évangile, même si le sujet est abordé ici et là au fil du récit de ses 34 ans de vie. J’ai été assez surpris de ne pas avoir trouvé de récit de sa conversion, étant donné qu’Oliver Giroud se présente comme disciple du Christ. La foi telle qu’elle est présentée dans le livre n’est pas des plus claires ni des plus évidentes. Il y a notamment une incompréhension capitale présente dans l’ouvrage au sujet du baptême et de la conversion. Alors qu’il parle de la foi évangélique et la présente l’auteur écrit : « On parle de conversion individuelle et délibérée à Jésus-Christ ou de nouvelle naissance, en référence au baptême[1]. » Cette formulation laisse suggérer que le baptême d’eau est la nouvelle naissance, alors que ce sont deux choses bien différentes.
Je me permets de clarifier ce point important. La conversion, la nouvelle naissance survient lorsqu’un individu reconnaît qu’il est pécheur, que le prix du péché est la mort, et qu’il ne peut se sauver lui-même. Elle advient lorsqu’il accepte que son seul espoir repose en celui qui est parfait, qui n’a jamais péché, qui a toujours accompli la volonté de Dieu et qui est 100% homme et 100% Dieu. Son seul espoir repose en la seule personne capable de payer le prix de son péché, à savoir Jésus-Christ ! Une fois qu’une personne a reconnu cela et qu’elle a remis sa vie à Jésus-Christ sincèrement en l’acceptant dans sa vie comme son Sauveur et Seigneur personnel, alors cette personne est devenue chrétienne, est convertie, est née de nouveau. Cette personne, maintenant une nouvelle créature en Christ, peut demander à être baptisée pour annoncer publiquement qu’elle appartient au Christ mais aussi pour symboliser ce qui s’est passé pour elle dans son cœur, dans sa vie. Cette personne est morte par identification au Christ, symbolisé par le fait de disparaître sous l’eau, et elle vit maintenant en nouveauté de vie avec Jésus et par Jésus symbolisé par le jaillissement hors de l’eau !
Le manque de distinction dans le livre entre le baptême et la conversion est une confusion que nous retrouvons plutôt dans le catholicisme. Nous pouvons comprendre qu’Olivier Giroud s’y méprenne étant donné l’enseignement catholique qu’il reconnaît avoir reçu dans sa vie même s’il se réclame plutôt de la tendance protestante évangélique.
En conclusion, je dirais que ce livre peut être intéressant pour démarrer une conversation autour de la foi mais n’est absolument pas suffisant pour amener quelqu’un au Christ. De plus, comme partagé préalablement, l’amalgame non justifié par la Bible entre le baptême et la conversion devra être soigneusement clarifié, car il porte à confusion sur un point fondamental et crucial. Nous ne pouvons pas dire que ce livre transpire l’Évangile ou la foi mais plutôt qu’il contient des indices ou des aperçus de la foi. Il peut donc être intéressant et utile pour entamer une conversation avec des personnes qui ne sont pas du tout intéressées par la foi mais qui sont accros au ballon rond !
P. 49. ↩︎