
Greg GILBERT et Sebastian TRAEGER, Quand l’Évangile inspire mon travail, Lyon, Clé, 2021, 240 p.
Le livre commence par ce constat simple et percutant de la part de l’un des auteurs, Greg Gilbert : « Si les gens dont je suis le pasteur travaillent quarante heures par semaine pendant quarante ans, cela signifie qu’ils vont passer plus de 80 000 heures de leur vie au travail » (p. 7).
Le cadre est posé : la thématique du travail est cruciale, incontournable. Et si tel est le cas, les ressources qui aident les chrétiens à appliquer fidèlement l’Évangile à la sphère du travail sont précieuses. Ce livre est l’une de ces précieuses ressources.
Le contenu
L’ouvrage est organisé en deux grandes parties.
Premièrement, les auteurs s’attèlent à développer une vision du travail centrée sur l’Évangile. Ils prennent pour point de départ deux visions déchues du travail, deux écueils qui nous guettent quotidiennement de ce côté-ci de l’Éden : l’idolâtrie et la nonchalance. D’une part, nous idolâtrons le travail lorsque nous comptons sur lui pour être la source d’épanouissement et de satisfaction que seul Jésus peut offrir ; d’autre part, nous négligeons le travail lorsque nous le considérons comme un mal nécessaire dénué de sens. De prime abord, on pourrait penser que ces deux fausses visions du travail sont diamétralement opposées. Si elles sont différentes dans leurs manifestations, les auteurs rappellent que c’est bel et bien le péché qui est le terreau commun duquel émanent ces visions du travail. Elles sont perverties et entachées par la dépravation humaine.
Mais, heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. Les auteurs terminent cette première partie en confrontant ces deux écueils à la vision du travail inspirée par l’Évangile. Ils s’appuient sur la Parole de Dieu (notamment Colossiens 3,22-24) pour rappeler aux lecteurs que la solution pour éviter ces pièges réside en Jésus-Christ notre Seigneur, celui pour qui nous sommes appelés à travailler. « Travailler pour Jésus change … tout » (p. 61).
Nous sommes encouragés à renoncer quotidiennement à aborder le travail comme un objet d’adoration pour le concevoir plutôt comme un moyen d’adorer et de servir Jésus-Christ avec joie et application. Comment y parvenir ? Au moyen de l’Évangile de Jésus-Christ qui transforme radicalement la vision du travail du chrétien. En effet, celui-ci se voit offrir un Maître parfait, une mission de la plus haute importance, une confiance inébranlable et des récompenses éternelles. C’est ainsi que l’Évangile rend le chrétien libre de réaligner ses objectifs professionnels sur ceux du Dieu trinitaire, afin de lui rendre un culte saint et agréable au travail.
Si l’intention des auteurs pour cette première grande partie était de mener progressivement le lecteur d’une vision déchue vers une vision du travail centrée sur Christ, l’objectif est atteint !
Après avoir exposé cette perspective biblique du travail, la deuxième grande partie du livre développe les implications qui en découlent à travers plusieurs grandes questions. Comment choisir son travail ? Comment équilibrer travail, famille et Église ? Comment gérer les collègues et les patrons difficiles ? Que veut dire être un patron chrétien ? Comment partager l’Évangile au travail ? Un ministère à plein temps est-il plus utile que mon travail ? Ai-je reçu un appel pour mon travail ? Comment concevoir la réussite ? Comment mettre notre travail au service des nations ? Les auteurs se servent de cette partie pour conduire le lecteur à réfléchir à la question du travail dans le cadre plus large d’une vie de disciple fondée sur l’Évangile.
Points forts
Le livre pointe fidèlement vers la Parole de Dieu avec de nombreuses références bibliques.
Les auteurs ne négligent pas les difficultés qui accompagnent le travail dans notre monde déchu et partagent ouvertement joies, luttes personnelles et conseils. Les chapitres s’achèvent par des questions de réflexion ciblées qui visent, avec adresse et bienveillance, le cœur et les motivations du lecteur. Elles facilitent l’examen honnête de notre posture vis-à-vis du travail et de nos zones d’égarements, pour le bien de nos âmes.
Contexte culturel
Bien qu’écrit dans un contexte américain, l’ouvrage reste lisible et pertinent pour un lectorat francophone. Pour le lecteur désireux de réfléchir de manière plus spécifique à la question du témoignage au travail appliqué au contexte de la société française, le manuel « Libre de le dire au travail » du Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) pourra être une ressource complémentaire utile.
Pour qui ?
La lecture de cet ouvrage est vivement recommandée à quiconque souhaite (re)découvrir la vision biblique du travail façonnée par l’Évangile ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent comprendre sa finalité et son importance dans le cadre du règne éternel de Jésus-Christ. Il s’adresse également à tous les disciples de Jésus qui cherchent à encourager, à édifier et à dire la vérité avec amour à d’autres disciples du Roi Jésus. Par ailleurs, les retraités, les étudiants, les personnes en recherche d’emploi ou les parents au foyer pourront y récolter de précieux éclairages sur la manière de concevoir et de mener leurs activités respectives à la lumière de l’Évangile.
Que nous soyons toujours plus épris de la vision biblique du travail afin que nous l’abordions toujours plus comme un canal d’adoration et de service du Roi Jésus, un lieu de sanctification et un champ de mission, et ce pour la gloire de Dieu et notre santé spirituelle.