
Kathrin LARSEN, Prier pour nos enfants avec les Psaumes, Journal de prière, tr. de l’allemand (Ich schenk dir mein Gebet, 2023), Romanel-sur-Lausanne, Maison de la Bible, 2025, 336 p.
Le principe de ce livre est excellent. L’auteur veut encourager les mamans, mais aussi les grands-parents et aussi d’autres, à prier pour les enfants sur la base des Psaumes. Alors que la vie des mamans est parfois remplie de tout ce qu’il faut faire pour ses enfants, Kathrin Larsen fait bien de nous rappeler que « lorsque nous prions pour eux, nous leur offrons un cadeau d’une valeur éternelle ! » (p. 16)
Il s’agit d’un journal de prière proposant un psaume pour chaque jour, du Psaume 1 jusqu’au Psaume 150. Chaque jour les prières suggérées sont divisées en quatre sections, toutes basées sur une citation du psaume du jour : louange, repentance, reconnaissance et intercession. Dans les citations, l’auteure laisse un espace où on peut insérer le prénom de l’enfant pour lequel on veut prier.
Le désir de prier la Parole de Dieu pour nos enfants est excellent, et la trame que ce livre fournit permet qu’on commence en levant les yeux vers Dieu en le louant et le remerciant et même en se repentant devant lui, avant de venir devant lui avec nos requêtes de prière pour nos enfants.
Cependant, malgré les bonnes intentions de ce livre, je ne le recommande pas à cause de deux grandes faiblesses.
D’abord, le contexte du psaume est souvent perdu. Par exemple, dans le Psaume 147,10-11, nous lisons : « Ce n’est pas la vigueur du cheval qu’il apprécie, ce n’est pas aux mollets de l’homme qu’il prend plaisir : l’Eternel prend plaisir en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté. » Mais dans la prière proposée dans le livre, seul le verset 10 est cité, et la prière suggérée est la suivante : « Seigneur, aide [l’enfant] à ne jamais oublier que c’est en toi seul qu’[il] doit puiser sa force » (p. 316). Ce n’est pas un mauvais sujet de prière en soi, mais une prière plus respectueuse du contexte du psaume serait : « Seigneur, aide [l’enfant] à te craindre et à s’attendre à ta bonté ».
Une deuxième faiblesse de ce livre est que trop souvent il prend pour acquis que l’enfant pour lequel on prie est déjà converti. Le livre n’aide pas la maman qui prie pour son enfant à garder en tête la possibilité que son enfant ne soit pas encore sauvé. Pour en donner un exemple, dans la section sur le Psaume 51, David demande la miséricorde de Dieu pour lui pardonner son adultère avec Bethsabé, et les versets 3 et 9 sont cités dans le livre. La suggestion pour la partie « louange » est « Je te loue, Eternel, car tu purifies le cœur de [l’enfant] afin qu’il soit plus blanc que la neige » (p. 124). Pour un enfant converti, ce serait bien vrai, et nous voudrions rendre gloire à Dieu pour cela. Mais vu la possibilité que l’enfant ne soit pas encore converti, il vaudrait mieux prier simplement « Je te loue, Eternel, parce que tu as purifié le cœur de David afin qu’il soit plus blanc que le neige et si [l’enfant] fait confiance dans la mort de Jésus, lui aussi sera plus blanc que la neige. Aide-le à croire en Jésus. »
Pour conclure, ce livre m’a rappelé le besoin de prier pour mes enfants à la lumière de l’Ecriture. Mais à mon avis, les mamans feraient mieux de méditer la Parole pour elles-mêmes et de choisir des sujets bibliques pour leurs enfants (la conversion, la sanctification, l’amour pour Jésus, leur désir de vivre pour lui, leur avenir…) Elles pourraient aussi profiter du livre de Mélissa Kruger à ce sujet, déjà recensé sur Bibliodok, 5 sujets de prière pour vos enfants (voir https://www.bibliodok.com/recension?x=5-sujets-de-priere-pour-vos-enfants^[Lien consulté le 10 juillet 2025.]).