Peut-on croire à la résurrection de Jésus ?

Recension
Calendar19 avril 2025
PersonAlexandre Lesage
Couverture

Matthieu SANDERS, Peut-on croire à la résurrection de Jésus ? (Question suivante), Marne-la-Vallée, Farel, 2024, 72 p.

Comme l’auteur le dit à plusieurs reprises, ce livre n’est pas une recherche de preuves irréfutables de la résurrection de Christ, mais un cheminement dont le but est d’arriver à la conclusion que « la seule hypothèse qui rend compte de toutes les données (historiques) de manière satisfaisante est la réalité de la résurrection de Jésus » (p. 68).

Pour cela, ce livre débute par une introduction dont le but est d’emmener le lecteur dans une enquête dont l’énigme à résoudre est résumée ainsi : « Se pourrait-il que la première génération de disciples de Jésus ait eu des raisons solides de proclamer ce message (de la résurrection) ? » (p. 6)

Le livre est divisé en deux grandes parties. La première, intitulée « Retour aux sources », s’attarde de façon assez exhaustive sur le contenu des cinq récits bibliques (1 Corinthiens 15, Matthieu 28, Marc 16, Luc 24 et Jean 20) de la résurrection de Jésus, afin d’en examiner le contenu et d’apprécier leur crédibilité historique. Dans cette première partie, le propos principal de Matthieu Sanders est de montrer que ces récits doivent être considérés comme des témoignages.

Cette section de l’ouvrage retrace donc le contenu de chaque témoignage avant de se pencher sur leurs différences et leurs convergences. Si l’auteur présente, avec honnêteté intellectuelle, les divergences entre ces récits, il s’attarde surtout à les expliquer et à montrer qu’elles ne remettent pas en cause (au contraire) leur crédibilité historique. Matthieu Sanders conclut cette partie, arguments à l’appui, avec l’idée que “ces textes (…) rentrent difficilement dans la catégorie des légendes” (p. 31).

La deuxième partie du livre est intitulée « Et si c’était vrai ? 5 arguments versés au dossier ». Ils portent sur 1. le tombeau vide, 2. le décalage entre les attentes religieuses de l’époque et la résurrection, 3. le caractère « étrange » (au sens d’inattendu) des apparitions de Jésus, 4. le fait que les témoignages soient basés sur des paroles féminines, et enfin 5. le constat que les témoins de la résurrection ont été prêts à souffrir et à mourir pour parler de ce qu’ils ont vu.

À l’issue de cette argumentation, l’ouvrage se conclut sur le constat que les données présentées, avec soin et détails, ne présentent qu’une hypothèse réellement valable : la réalité factuelle de la résurrection de Jésus. Le livre se termine sur un appel court, mais impactant, à une réflexion personnelle sur l’appropriation personnelle de la résurrection par la foi.

Au final, ce livre est un ouvrage adapté pour celles et ceux qui ont besoin d’apaiser des doutes sur la réalité historique de la résurrection. La qualité des arguments présentés et le fait qu’il ne cache pas leurs faiblesses et leurs limites donnent confiance au lecteur sur la sincérité de sa démarche.

Il est surtout un bon livre à offrir à des personnes en recherche spirituelle et qui ont besoin d’une défense rationnelle (notamment au niveau historique) de la foi chrétienne. Son format court (70 p.) le rend attractif et facile d’accès.

Il est toutefois un livre plutôt destiné à un public étudiant (il fait partie de la collection « Question suivante » des GBU) ou à l’aise avec un certain niveau intellectuel, sans toutefois être inaccessible au grand public.

Il est surtout pleinement évangélique, de par la place centrale que prend la résurrection dans le contenu de la foi chrétienne et l’appel personnel qui invite le lecteur à passer de l’assentiment intellectuel à une démarche personnelle, en invitant le lecteur à « poursuivre l’enquête » !