
Timothy KELLER, Pensées sur la mort et le deuil, tr. de l’anglais (On Death, 2020) par Dominique FROCHOT, Lyon, Clé, 2022, 131 p.
Quelle pensée faut-il avoir sur notre propre mort ? Avoir peur en évitant d’y penser, tout en vivant comme si elle n’existait pas ? Comment faire le deuil de nos proches après leur mort sans sombrer dans le désespoir ? La réponse à ces deux interrogations constitue les objectifs principaux visés par Timothy Keller dans ce livre.
Notre propre mort a-t-elle un côté positif ? Dès le début du livre, l’auteur explique que c’est bien le cas en prenant appui sur Hébreux 2.14-15. La peur de la mort nous amenant, pour plusieurs raisons, à vivre dans le déni de celle-ci, Timothy Keller démontre qu’un champion, en la personne de Jésus, s’est d’avance substitué à nous[1] en affrontant et en remportant la victoire sur la mort, afin de nous permettre d’affronter celle-ci en lui et de vivre éternellement avec le Seigneur (p. 44). Cela dit, le lecteur appréciera l’importance de faire le deuil à la suite du décès d’un proche, un deuil qui doit être plutôt nourri d’espérance (1 Th 4.13-14) et non d’amertume ou d’aigreur qui feraient sombrer, puisque le défunt chrétien nous précède évidemment dans une gloire dans laquelle l’espérance est matérielle, béatifique, personnelle et certaine. Face à l’éventualité de sa propre mort ou face à la souffrance de celle d’un proche, le lecteur bénéficie, à la fin du livre, de propositions de méditations et de prières quotidiennes afin d’approfondir sa réflexion sur la mort.
L’auteur explique bien le sens des béatitudes (Mt 5.3-12), dans la rubrique « La puissance de l’espérance chrétienne » (p. 73-81).
La mort étant un passage obligatoire pour tout croyant, l’intérêt ici est le fait qu’un sujet tabou, très peu évoqué même dans les Eglises, vu sa conception tragique, est désormais traité par ce livre, permettant à tout croyant d’être mieux outillé afin de pouvoir améliorer ses pensées négatives et angoissantes sur sa propre mort et celle des autres face à laquelle il faut faire le deuil. Alors nous encourageons tout pasteur, ancien, responsable d’Eglise locale, membres d’Eglises, bref tout le corps du Christ, à profiter de ce livre pour qu’ils soient outillés, édifiés et éclairés sur la conception biblique concernant la mort et le deuil. Les responsables d’Eglise pourront, grâce aux clés de ce livre, mieux traiter le cas d’un membre faisant face à une éventuelle mort imminente ou à un deuil qui le ferait sombrer dans le désespoir. Ensuite, le non croyant n’est pas en reste, puisque ce livre renferme des vérités pouvant l’évangéliser : les questions concernant la mort et ce qui se passe par la suite concernent tout humain.
Cependant, l’auteur aurait pu aborder le sujet de manière plus générale, en prenant en compte les réalités de cultures en dehors de celles de l’Occident. Cela aurait permis par exemple aux lecteurs non occidentaux d’être éclairés sur les raisons des réactions qu’on rencontre à la suite de la mort d’un proche. La peur de la mort étant une réalité quotidienne sur chaque continent, l’auteur aurait pu donner au livre une plus grande valeur. Par ailleurs, d’autres sujets auraient pu être traités dans le livre : la peur de la mort est-elle la seule cause du déni de celle-ci ? Qu’en est-il de ceux qui, quoique connaissant l’assurance de l’espérance future, et donc n’ayant pas peur de la mort, vivent tout de même au jour le jour comme si la mort n’existait pas ? Ne s’agit-il pas d’une autre forme de déni que l’auteur aurait pu aborder ?
En somme, Timothy Keller a pu toucher et démontrer le plus important à propos de la pensée biblique sur la mort et le deuil, ramenant le lectorat aux Saintes Ecritures. Ce livre se présente comme un outil précieux, permettant à tous, aux responsables d’Eglise comme aux membres, de changer d’attitude envers la mort grâce aux bienfaits du sacrifice de Christ. Ce livre ouvre les yeux sur la victoire en Christ sur la mort. Que nos responsables d’Eglise puissent puiser dans ce livre afin que la mort ne soit plus un sujet de peur et de tabou dans nos communautés.
Nous ajoutons cette précision, absente à cet endroit du livre. ↩︎