
David POWLISON, Pasteurs, vous êtes aussi des conseillers, Prendre soin des âmes à travers l’accompagnement pastoral, tr. de l’anglais (The Pastor as Counselor: The Call for Soul Care, 2021) par Sébastien BLANCHETTE, Trois-Rivières [Québec], Publications Chrétiennes, 2022, 72 p.
David Powlison est décédé en 2019 et nous lègue dans cet ouvrage son fardeau pour les âmes et sa vision pour le ministère pastoral, fonction pour laquelle il avait beaucoup d’estime. S’il s’adresse explicitement aux pasteurs (en écrivant « vous » à maintes reprises), l’auteur aidera tout chrétien qui s’interroge à la fois sur la façon d’être aidé dans des périodes difficiles et sur le rôle d’un pasteur.
Dans la première partie il examine ce qu’est la relation d’aide. Il remet en question le concept d’un suivi non-chrétien avec un diagnostic moralement neutre, et affirme sa thèse principale : « La relation d’aide en soi n’est pas analogue à l’exercice d’une profession médicale. Elle est un accompagnement pastoral[1]. » Cela ne signifie pas que tout pasteur sait comment faire cet accompagnement. Dans l’introduction[2], Powlison décrit cinq insuffisances possibles dans notre façon d’apporter les conseils – j’ai trouvé ces observations excellentes ! Néanmoins, il identifie les qualités individuelles ainsi que les buts qu’un pasteur pourrait avoir pour être d’une grande aide à ceux qui souffrent[3].
La deuxième partie se concentre davantage sur le rôle du pasteur. Powlison veut éviter des réponses simples[4] mais recommande la compréhension de l’autre et de Christ, ce « qu’un simple chrétien peut faire[5] ». Le pasteur, par son rôle, est plus visible et donc observé[6].
Lorsque nous ne sommes pas d’accord avec un auteur, son point de vue est particulièrement précieux car il nous amène à revoir nos idées reçues. Au cœur de ce livre se pose la question : est-ce que les professionnels de la santé peuvent mieux aider quelqu’un qu’un pasteur ?
En effet, ce que l’auteur souligne ici n’est pas un contraste entre le rôle du pasteur et celui d’un membre ; il souhaite que la relation d’aide soit un projet de l’église dans son ensemble. En revanche, il montre le contraste entre le rôle du pasteur et celui des psychologues, des thérapeutes ou des médecins non-croyants. L’Evangile est la grande différence. La confiance déjà établie[7], la connaissance du Seigneur[8] et la prière[9] sont des atouts considérables.
Powlison est clairement un homme passionné de relation d’aide. En tant que tel, il a tendance à s’exprimer de manière assez tranchée[10]. Cela cadre avec son exemple personnel (Mike Evans dit que Powlison « croyait profondément que chaque conversation était une occasion de croissance spirituelle et de transformation à l’image de Christ.[11] »)
Ce livre pourrait bousculer quelques-unes de vos idées, mais il va principalement vous inspirer. Et il est court ; même si votre emploi du temps est bien chargé, vous trouverez le temps de lire ces quelques pages pour renouveler votre enthousiasme pour ce qu’on appelait autrefois « la cure d’âme ».
P. 25. ↩︎
P. 20. ↩︎
P. 26 et 28. ↩︎
P. 39. ↩︎
P. 41. ↩︎
P. 45. ↩︎
P. 53. ↩︎
P. 62. ↩︎
P. 59. ↩︎
P. ex., l’appel d’Ep 3.14-5.2 est de faire des autres chrétiens de meilleurs conseillers, p. 21-22. Son accent sur la relation d’aide minimise l’accent que d’autres ont mis sur la prédication, (p. 21, 44). ↩︎
P. 13. ↩︎