
John BENTON, Où est l’honneur qui m’est dû ?, Le message du prophète Malachie, tr. de l’anglais (Losing Touch with the Living God, 1985) par Europresse (1988), rév. EPMT (2022), Darlington [Royaume-Uni], Europresse, 1988/2022, 220 p.
« Est-ce que j’ai l’impression que ma vie spirituelle a perdu son tranchant ? » (p. 209) Qui dit croyant en Jésus-Christ, dit disciple qui sert normalement le Maître avec zèle et une consécration totale, sans compromis. Cela nous arrive pourtant de nous rendre compte que nous devons retrouver notre premier amour, nous repentir de certaines habitudes pécheresses, prendre Dieu davantage au sérieux. Ce livre de John Benton peut remplir un tel rôle : tirer la sonnette d’alarme pour que nous réorientions notre vie de disciple.
Il s’agit d’une série de prédications portant sur la prophétie de Malachie, par opposition à un commentaire[1] sur ce livre biblique (p. 8). L’application – souvent percutante – se trouve sur le devant de la scène. En voici un résumé (p. 212) :
Les offrandes de sacrifices infirmes doivent cesser. Les mariages avec des adeptes d’autres religions doivent cesser. Les pensées adultères doivent cesser. La façon dont le peuple donne la dîme doit cesser. Son langage cynique envers Dieu doit cesser et faire place au langage de la foi. La repentance implique des changements concrets, motivés par la crainte et l’amour de Dieu.
Il y a des questions exégétiques (2,15-16 !) et herméneutiques difficiles dans le livre de Malachie, et je n’ai pas toujours été sûr du bien-fondé de la prise de position de l’auteur[2] ; le style populaire de l’ouvrage[3] ne se prête pas à ce que la démonstration soit mise en avant. Mon point d’interrogation le plus important concerne l’amalgame fait régulièrement par l’auteur entre les destinataires de la prophétie et les chrétiens de nos Eglises en milieu évangélique (p. ex., p. 19, 145). La proportion de vrais croyants au sein de ces dernières est généralement plus élevée qu’au sein du peuple de l’ancienne alliance du 5e siècle avant Jésus-Christ.
Cela dit, bien que nous qui sommes en Christ n’ayons pas la perspective d’être condamnés, la présomption quant à ce salut devrait être exclue, et il nous incombe de nous repentir continuellement de nos péchés. Le message du prophète Malachie et du livre de Benton[4] revêt une pertinence particulière là où une telle humilité fait défaut – et là où la tiédeur spirituelle nous guette.
Ce livre édifiant, qui se lit assez facilement[5], conviendrait bien pour les « cultes personnels », les discussions en binôme ou trinôme et les discussions en groupe de quartier. Il faudrait avertir les participants au préalable de la nécessité d’« attacher leur ceinture » et de s’attendre à devoir se repentir dans des domaines spécifiques. Qu’il y ait, chez le lectorat, un impact significatif et durable grâce à l’œuvre du Saint-Esprit, pour la gloire de Dieu !
Les lectrices/lecteurs voulant profiter d’un commentaire pourraient se tourner vers les ouvrages de Verhoef, de Mackay, de Calvin et de Tidiman (ces deux derniers étant en français). ↩︎
Le ch. 7 est très précieux concernant les démarches qu’on peut utilement engager pour protéger nos mariages chrétiens. Le lecteur ne devrait pas faire la sourde oreille à l’insistance accordée au fait d’être impitoyable en mettant à mort les pensées intimes qui n’honorent pas Dieu. Il n’en reste pas moins que « Prenez garde en votre esprit » n’a sans doute pas cette signification exacte. ↩︎
Qui va jusqu’à négliger souvent d’indiquer la source des citations tirées d’autres auteurs. ↩︎
Certaines des applications, concernant le mouvement charismatique ou la technologie, pourraient être mises à jour une quarantaine d’années après la préparation des prédications qui sous-tendent le livre. ↩︎
Il m’a été difficile de ne pas soupçonner la présence de quelques anglicismes (p. ex., « en vue du contexte » au lieu de « vu le contexte » ou « compte tenu du contexte », p. 120 ; « plaider avec Dieu » au lieu de « supplier Dieu », p. 127 ; « prend priorité sur » au lieu de « prime », p. 144 ; « En face des défis » au lieu de « Face aux défis », p. 147). ↩︎