
Henry BRYANT, On naît, on vit, on meurt, et après ?, Lyon, Clé, 2021réimp. (1993), 74p.
Sur la base d’une expérience douloureuse où il a dû accompagner des amis à l’enterrement de leur fils d’un an, Henry Bryant veut nous amener à réfléchir sur l’incontournable question de ce qui se passe après la mort[1].
Beaucoup plus important que prévenir certaines circonstances néfastes de la vie (incendie de maison, dégâts naturels…), Bryant trouve nécessaire de « nous préparer un tant soit peu en vue de notre décès » (p. 5), car en jeu il y a la destinée de notre « moi » immortel après son séjour terrestre. La politique de l’autruche, quelle qu’en soit la raison, n’est pas tenable. Les visions (subjectives) de ceux qui ont connu une expérience de mort imminente (EMI) ne peuvent être utilisées comme « preuves de la survie de notre personnalité après la mort physique » (p. 9). Disciple de Jésus et convaincu de la véracité et de l’inspiration des Ecritures, la perspective de l’auteur est alors de présenter ce que la Bible affirme au sujet de « l’au-delà, avec ses merveilleuses promesses et ses terrifiants avertissements » (p. 10). Vu son importance, il est plus que nécessaire que chacun examine la question et trouve son propre chemin face aux différentes options (paradis, purgatoire, enfer, réincarnation, néant, nirvana…) couramment proposées (p. 14).
Au-delà des désirs subjectifs des hommes, le lecteur qui souhaite découvrir la pensée de Dieu sur sa destinée se sentira entre de bonnes mains. Bryant parle honnêtement des différents sujets qu’il aborde. Il n’évite par exemple pas de parler de l’enfer, lieu qui apparaît comme « affreux et répugnant » (p. 34), mais il le fait dans une intention bienveillante, afin que nous puissions échapper au « juste jugement que chacun de nous mérite » (p. 34). De même, sur le sujet de la vie éternelle, l’auteur désire que notre conception du paradis soit fondée sur les Ecritures et non pas sur « les imaginations du Moyen ge » (p. 41). Sa perspective au sujet de la vie future est même enthousiasmante, puisque, dit-il, le nouveau monde dans lequel nous vivrons est « incomparable » (p. 47), « nouveau, éternel, incorruptible et glorieux » (p. 51), raison pour laquelle les chrétiens dans le Nouveau Testament ont pu « affronter la mort avec sérénité » (p. 48), car ils savent que leur existence ne se termine pas à la mort (p. 51).
Après avoir exposé ces vérités, l’auteur confronte le lecteur à l’inévitable question « Où irai-je après avoir fini ma vie terrestre ? …Quels sont les critères qui déterminent ma destinée éternelle ? » (p. 56). Au travers de « 4 questions bilans » (p. 57-61) visant à conduire le lecteur à la réconciliation avec Dieu (2 Co 5.19s) par le revêtement de la justice de Christ (Ph 3.4-9), l’auteur veut lancer le lecteur sur les traces des écrivains du Nouveau Testament qui, appuyés sur les promesses de Dieu, « étaient tous absolument certains de posséder la vie éternelle » (p. 56). Pour cela, il souligne le rôle primordial de la foi qui consiste à croire Dieu et ses promesses dans les Ecritures, en particulier dans les commandement du Christ (p. 70). On trouve des prières pratiques pour s’approprier les vérités soulignées, et une invitation claire à se positionner.
Assurément, la lecture de ce petit ouvrage est encourageante, stimulante, conforme à l’Evangile de Jésus-Christ. Je n’hésite pas à le conseiller à tout chrétien qui cherche un éclairage biblique sur l’au-delà. Cependant, il reste un livre de vulgarisation[2]. Bien que le point soit marginal dans l’Ecriture, l’auteur reste entièrement muet au sujet de la question du salut des enfants en bas âge, alors que c’est l’exemple de son ami qu’il cite en ouverture de l’ouvrage.
On sent aussi l’élan vulgarisateur de Bryant lorsqu’il aborde la question du purgatoire. En soulignant la double résurrection (« pour la vie » ou « pour le jugement » : p. 20) attestée par les Ecritures (Mt 7.13s, 21-23 ; 25.31-36 ; Jn 6.36 ; Rm 2.6-10…), l’auteur tire l’implication logique qu’il n’y a pas de réincarnation dans des cycles infinis de vies et de morts, tel que la « loi du Karma » veut l’expliquer (p. 19). De même, le « purgatoire », lieu intermédiaire pour les défunts où ils peuvent régler « les dettes contractées » sur la terre pour pouvoir être admis par la suite au paradis, est, affirme l’auteur, un leurre (p. 23).
Bien que cela corresponde à ce qui est communément admis (lieu de « deuxième chance » : cf. p. 23, note 27), nous devons relever le caractère caricatural du résumé de l’auteur sur le purgatoire. Il donne l’impression que, d’après le catholicisme, ceux qui meurent en état de révolte auront une seconde chance pour être sauvé. Or, le catholicisme stipule officiellement que les seuls concernés sont « les amis de Dieu » qui meurent en étant imparfaitement purifiés : voir Catéchisme de l’Église Catholique, § 1030. Les péchés traités par le purgatoire se situent dans les domaines non encore sanctifiés du croyant à qui la sanctification (totale) est requise (Hé 12.14). D’ailleurs, plus loin, le catéchisme (§ 1031) précise que le purgatoire doit être « distinct du châtiment des damnés », qui vont directement en enfer.
Ces quelques remarques n’ôtent en rien le grand apport de l’ouvrage, bienfaisant et rafraîchissant.
Bryant a déjà écrit un commentaire sur 1 et 2 Corinthiens et d’autres livres tels que Si Dieu est bon,
pourquoi la souffrance ?, Au commencement… Dieu ?, Catholique et chrétien, Bien être parents (en collaboration avec son épouse Alice), Maladie, guérison et accompagnement (en collaboration avec Sylvia Evans). ↩︎Pour aller un peu plus loin dans le domaine de l’Eschatologie, voir Henri Blocher, L’espérance chrétienne, Cléon d’Andran, Excelsis, 2012, 157 p. ; Randy Alcorn, Les pieds sur terre, les yeux vers le ciel, Marpent (France), BLF, 2017 (original en anglais, TouchPoints: Heaven, Tyndale, 2008), 189 p. (recensé ici : https://www.bibliodok.com/recension?x=les-pieds-sur-terre-les-yeux-vers-le-ciel [consulté le 30 novembre 2023]). ↩︎