Les sept vertus d’un bon scientifique

Recension
Calendar17 mai 2025
PersonSamuel Furfari
Couverture

Rachel VAUGHAN et Lydia JAEGER, dir., Les sept vertus d’un bon scientifique (Terre nouvelle), Charols, Excelsis, 2023, 192 p.

Il est utile que le chrétien ait un minimum d’éducation scientifique pour constater à quel point la création de Dieu est précise, méticuleuse et impressionnante, révélant ainsi sa toute-puissance. Réfléchir à ce qui fait un bon scientifique est tout aussi pertinent, car après tout, il y a de mauvais scientifiques comme il y a de mauvais médecins ou de mauvais enseignants. C’est l’objectif que se sont fixé les éditeurs de ce livre.

Louis Schweitzer ouvre ce livre par une réflexion chrétienne sur la vertu. Il observe que, contrairement à ce que le monde nous propose aujourd’hui, les vertus doivent être accompagnées de commandements ; la transformation intérieure chez le croyant permet la juste attitude d’obéissance aux commandements qui renforcent les vertus.

Plus de la moitié du livre traite de l’émerveillement de la nature qui conduit à la glorification de Dieu. Selon Émile Nicole, la création et la providence de Dieu qui en découle constituent un cinquième du livre des Psaumes ! Il rappelle que le psaume 8 s’émerveille de la dignité conférée à l’être humain, si petit devant l’immensité du ciel étoilé. Il explique que l’émerveillement échappe à la compréhension et doit continuer à échapper à la compréhension pour rester un émerveillement.

Isabelle Godin nous rappelle que Dieu lui-même s’est émerveillé de la bonté de sa création. Elle fait remarquer que le fait de devenir blasé nous prive de l’émerveillement. Comme les enfants qui s’émerveillent de tout, les chercheurs doivent conserver leur ingéniosité.

Volker Kessler s’émerveille des merveilles des mathématiques, au point de dire qu’il y a une forme de révélation de Dieu dans cette discipline. Kessler explique que Descartes, Pascal, Newton, Leibniz et Bernouilli sont les mathématiciens les plus célèbres du 17e siècle qui ont posé les fondements des mathématiques. Tous étaient chrétiens et ont affirmé le lien étroit entre leur contribution aux mathématiques et leur foi chrétienne.

La deuxième partie du livre présente les autres vertus que doivent avoir les bons scientifiques. Jean-Claude Parlebas explique que Blaise Pascal était convaincu que l’expérimentation est la base de la science, même si les résultats sont incompréhensibles. Se soumettre aux résultats expérimentaux est un signe d’humilité, car ce sont ces résultats qui « ont force de loi ».

Robert S. White explique que si l’on croit que la science va tout expliquer, on tombe dans le scientisme, une philosophie stérile qui considère que les connaissances scientifiques suffisent à résoudre les problèmes philosophiques. Certes, les limites de la connaissance sont sans cesse repoussées, mais à chaque fois de nouvelles questions se posent.

L’humilité nous conduit à admettre que la science a des limites qui seront peut-être un jour dépassées, mais pour cela nous avons besoin de patience, l’autre grande vertu développée dans ce livre, la persévérance et sa jumelle, la patience. James Hely Hutchinson utilise l’étude du progrès de la révélation pour nous montrer la patience de Dieu à travers les Écritures et nous encourage, à notre tour, à être patients.

Jean-Philippe Ansermet développe le lien entre la patience et la persévérance qui, ensemble, mènent à la créativité.

Aux chrétiens qui ne connaissent pas le monde de la science, ce livre apprendra comment fonctionne la recherche, pourquoi elle est passionnante, mais aussi combien elle est essentielle au bien de l’humanité si nous voulons mettre en pratique le commandement de Genèse 1.28.

Pour les jeunes chrétiens qui veulent s’engager dans une carrière scientifique, la méditation de ce livre les enthousiasmera encore plus et les poussera à se passionner pour ces disciplines nécessaires à l’avenir de l’humanité jusqu’au retour du Christ. Pour le chrétien qui veut embrasser une carrière de chercheur, s’engager dans un doctorat, ce livre devient nécessaire. Avec le recul, je réalise combien j’aurais pu bénéficier des conseils bibliques que les auteurs ont illustrés par leurs propres expériences au cours de ma carrière de chercheur.