Les grandes questions de la théologie, Textes choisis, volume 2

Recension
Couverture

Henri BLOCHER, Les grandes questions de la théologie, Textes choisis, volume 2, Charols, Excelsis, 2023, 144 p.

Si le premier volume se concentrait plutôt sur des sujets de doctrine, celui-ci répond à plusieurs questions de théologie pratique : l’Evangile, la vérité, l’Eglise. On y trouve de manière explicite des conseils sur comment proclamer la bonne nouvelle en tenant compte du contexte français (ch. 6) et à plusieurs reprises un accent sur la priorité de la Parole (séparer l’Evangile du moralisme, p. 23 ; « La Vérité, c’est la Parole de Dieu… » p. 33 ; garder la primauté de la Bible dans une Eglise évangélique, p. 48). Le rôle de l’Eglise dans l’aide sociale est aussi décrit avec la diversité d’options que nous rencontrons sur le terrain.

Cinq des sept chapitres ont déjà été publiés mais n’ont rien perdu de leur pertinence ; particulièrement prescient est le chapitre 2 sur la vérité (d’un article de 1965 !). Les deux nouveaux chapitres concernent le baptême et les ministères d’apôtre, de prophète, de docteur. J’ai particulièrement apprécié ce dernier chapitre[1] qui apporte une clarté extraordinaire à des sujets longtemps débattus.

Vu la gamme des sujets abordés dans ce livre, tout lecteur ne sera pas intéressé par chacun de manière égale. Personnellement, j’ai trouvé le chapitre 5 sur « Quel est le sens du baptême ? » moins pertinent pour mes interrogations même si j’ai été éclairé par l’argument de l’auteur que le baptême est une parole visible de l’homme envers Dieu, plutôt que du Seigneur envers nous (p. 85-87). Le lecteur français bénéficiera de l’analyse du contexte français, décrit avec brio en 1995, et pourra constater son évolution depuis. Je souhaiterais que quelqu’un fasse cela avec la même finesse pour le contexte belge !

Je reste admiratif devant sa maitrise de la langue de Molière ; la nuance, la subtilité des tournures de phrase sont remarquables. Il fait preuve aussi de générosité vis-à-vis de personnes d’un autre point de vue. Par exemple, Blocher décrit ainsi les arguments d’un partisan du théonomisme : « une œuvre qu’on aurait tort de sous-estimer, digne d’attirer une étude attentive » (p.128). Cela ne signifie pas qu’il est d’accord avec tout le monde ; « le dossier biblique des exégètes sacramentalistes ne contient rien de probant[2]. » Ou encore : « Le langage de Calvin prête parfois à malentendu… » (p. 81). Pourtant, même dans ces désaccords il s’exprime sur un ton irénique exemplaire pour des écrivains théologiques.

Malgré son petit format, ceci n’est pas un ouvrage basique et servira mieux le lecteur qui est déjà informé sur les divers sujets et qui voudrait approfondir des arguments pour ou contre telle position.


  1. Chapitre 4, « Quelle organisation des ministères selon le Nouveau Testament ? » ↩︎

  2. P.79 ; c’est lui qui souligne. ↩︎