
Charles SPURGEON, Le plus grand combat du monde, L’exhortation finale de C. H. Spurgeon sur le combat de la foi, tr. de l’anglais (The Greatest Fight in the World) par Ruben SAILLENS, Trois-Rivières [Québec], Impact Héritage, 2020, 68 p.
Le plus grand combat du monde n’est pas un livre à lire gentiment le soir au coin du feu ; c’est le dernier discours d’un homme de Dieu consacré, fervent et préoccupé – jour et nuit – par l’œuvre de son Sauveur, l’Évangile de Jésus-Christ.
C. H. Spurgeon est à la fin de sa vie. Il décédera l’année qui suivra son célèbre discours. Appelé le « Prince des prédicateurs », il a commencé son ministère à l’âge de dix-sept ans. Il en a cinquante-sept, et il est invité à donner un discours devant ses pairs pasteurs, prédicateurs, évangélistes, défenseurs de la foi. Son thème est clair, simple, puissant : « Le plus grand combat du monde, c’est le combat de la foi ! »
J’ai tellement apprécié de lire ce discours ! C’est comme si nous y étions ! Nous avons l’impression d’entendre les marches de l’escalier en bois craquer sous le poids de l’orateur. Nous sentons presque l’odeur de la pièce d’où sont montées les prières de centaines de personnes pendant des heures. Dès les premières pages, nous sommes projetés, assis sur cette chaise qui fait face à cet homme debout, aux cheveux et à la barbe grises, qui nous fixe de son regard perçant pendant qu’il nous parle, s’agite, nous reprend, nous encourage, adore et prie… Que j’ai aimé ses illustrations. Images de guerres héroïques, d’armées se préparant au combat, d’exemples dans la vie d’assemblée, de victoires de l’Évangile, de conversions… elles viennent apporter du poids aux arguments et écrasent en nous tout ce qui résiste encore à l’appel du Christ d’aller et de faire de toutes les nations des disciples. Quand C.H. Spurgeon ouvre la bouche, il parle comme le général de la plus grande armée au monde, décoré après quarante années de combat, rappelant avec force, à ses officiers, leur engagement solennel devant Dieu, en tant que ministre du Christ : « Croiser le fer contre l’erreur et le péché jusqu’à ce que les ennemis du Sauveur soient vaincus ! » (p. 10)
Spurgeon nomme deux ennemis « qui ont vidé les lieux de culte et ont détourné bon nombre de gens de la foi » (p. 13) : (1) les fausses doctrines des nouvelles écoles de théologie libérale qui ajoutent à l’Évangile des pensées toutes humaines (les thèses de l’interprétation historico-critique) et y retirent ce qui déplaît aux opinions de l’époque (le péché originel, l’existence historique de Moïse et de la loi divine inspirée, les interventions miraculeuses de Dieu…) ; (2) les spéculations scientifiques qui s’éloignent des faits scientifiques pour proposer des fictions idéologiques sur la création et l’évolution des espèces et de l’homme.
Il est impressionnant de réaliser que, deux cents après, la guerre est encore aussi féroce ! Alors, comme l’a fait Spurgeon, levons-nous de même, pour leur opposer notre belle foi évangélique : l’inspiration divine et l’inerrance des Écritures, la nécessité de l’Esprit de vérité pour illuminer l’Église de Christ sur le sens des Écritures, le salut par la grâce seule au moyen de la seule foi en Christ seul.
L’exhortation au combat se déroule en trois points. (1) L’arsenal du vrai chrétien, dans lequel il va trouver les armes adéquates contre chaque attaque ennemie, n’est autre que la Bible. (2) Nous avons une armée dans la croisade contre l’erreur et le péché : c’est l’assemblée des fidèles de Christ, l’Église. (3) Dans notre combat, notre force de frappe dépend de la puissance du Saint Esprit de Dieu.
Avant sa conclusion, le « général » C. H. Spurgeon, a un mot particulier pour les personnes avec charge pastorale, les exhortant à être des modèles de foi, de prière et de pureté pour tout le peuple de Dieu. Je ne peux manquer de vous laisser le mot final de ce soldat du Christ qui dit : « Allez, ô soldats de Jésus, avec l’épée de l’Esprit. Allez, avec les compagnies d’âmes pieuses que vous conduisez et que chacun soit fort dans le Seigneur, revêtu de sa puissance. Allez avec la force vivante du Saint Esprit, vous n’en avez pas d’autre. Que la bénédiction du Dieu unique en sa Trinité repose sur vous tous, pour l’amour de Jésus-Christ, notre seigneur ! Amen ! » (p. 67)