La vie religieuse des étudiants en théologie

Recension
Couverture

Benjamin Breckenridge WARFIELD, La vie religieuse des étudiants en théologie, tr. et ed. Flavien PARDIGON, Trois-Rivières [Québec], Impact Héritage, 2022, 53 p.

Est-ce qu’étudier la théologie rime forcément avec une vie spirituelle florissante ? Est-ce que cela ne va pas de soi qu’un étudiant en théologie soit forcément un modèle de vie religieuse[1] ? Benjamin Warfield explique dès les premières lignes d’une allocution donnée au début du XXème siècle à des étudiants en théologie du séminaire de Princeton aux États-Unis, et dont ce livre est une retranscription, que leur vie religieuse « est le sujet de réflexion le plus important qui puisse [les] occuper » (p.15). En clair, le défi de mener une vie qui glorifie Dieu touche aussi, et surtout, les étudiants en théologie ! Et le reste du livre en fournit l’explication.

La raison est que plusieurs dangers spirituels particuliers guettent les étudiants en théologie. Dans son allocution, Warfield mentionne la tendance à opposer vie religieuse et études : les étudiants « s’imaginent que ce qu’ils investissent dans l’un est volé à l’autre » (p.18). Il évoque le danger d’étudier de manière profane ou « avec un cœur froid et impassible » (p.25) ou celui de l’activisme au détriment de la prière (p.42). Tout au long de l’allocution, et par des questions « diagnostic », Warfield cherche donc à mettre le doigt sur ces écueils auxquels font face les étudiants en théologie. Son but ? Faire prendre conscience aux étudiants en théologie de ces racines qui peuvent grandir dans leur cœur. En cela, Warfield fait mouche. Le rédacteur de cette recension étant lui-même étudiant en théologie, nous reconnaissons la validité de ses observations et l’utilité des questions qu’il nous invite à nous poser.

Mais au-delà de la partie « diagnostic », Warfield passe aussi un temps important à encourager deux disciplines religieuses : la fidélité dans la participation au rassemblement communautaire premièrement et la pratique de la prière et le culte personnel dans un deuxième temps.

Concernant la première pratique, même si nous trouvons que Warfield a raison d’exhorter à la fidélité aux rassemblements communautaires, ses applications nous ont semblé trop spécifiques à un contexte particulier (haut de la p.31) et pas forcément bien étayées bibliquement (il cite par exemple Hébreux 10.23,25 pour la participation aux « rassemblements religieux formels et fixes de la faculté » à la p.29 alors qu’il nous semble que ces versets s’appliquent plutôt aux rassemblements de l’Église locale). Pour être au plein bénéfice de ces pages, il faudra donc discerner le principe qu’il défend (les bienfaits des temps communautaires) et ne pas se laisser désarçonner par les spécificités des suggestions pratiques.

Nous avons néanmoins trouvé son exhortation à la deuxième pratique de la prière très utile. Il explique en effet : « gardez constamment à l’esprit la grandeur de votre appel, c’est-à-dire les deux choses suivantes : l’immensité de la tâche devant vous, et l’infinité des ressources à votre disposition. Je pense qu’il n’a pas été dit en vain que si nous contemplons les immenses difficultés de l’œuvre qui nous attend, nous tomberons certainement à genoux (pour prier). » (p.38-39)

Les arguments de Warfield sont essentiellement persuasifs, même si nous aurions aimé que sa sagesse biblique soit parfois plus étayée par des données des Ecritures.

Ce petit livre sera donc avant tout utile aux étudiants en théologie (et à ceux qui aspirent à le devenir). Une condition s’impose : être prêt à répondre à l’invitation de Warfield de se poser les questions diagnostic qu’il nous propose. En effet, ce livre n’est pas une recette miracle ni une liste de choses à faire. Il consiste plutôt, comme nous l’avons vu, en une invitation à méditer sur le cœur avec lequel nous étudions la théologie.

Mais au-delà des étudiants en théologie, ce livre est aussi destiné à vous qui souhaitez peut-être soutenir dans la prière des étudiants en théologie. Connaissez-vous les dangers qui les guettent ? Savez-vous quelles sont certaines de leurs luttes spirituelles ? Savez-vous comment les encourager ? Savez-vous comment prier pour eux ? Ce petit livre sera d’une grande aide pour vous équiper pour intercéder pour de futurs serviteurs de l’Evangile.


  1. Les termes « religieux » et « piété », ainsi que ceux qui leur sont associés, sont utilisés de manière très positive dans ce livre. Une « vie religieuse » est une vie qui reflète une véritable relation avec Dieu. ↩︎