Job, Vivre avec la souffrance

Recension
Calendar8 août 2026
PersonJoshua Sims
Couverture

Woody Lewis, Job, Vivre avec la souffrance, Argis, Clé, 2025, 288 p.

Dans son commentaire sur Job, Woody Lewis livre une contribution accessible à tous, permettant au lecteur de mieux connaître ce livre biblique trop souvent compris de manière superficielle.

Il s’agit d’un commentaire biblique très facile à lire de par son organisation : l’auteur commente des unités de pensée et pas verset par verset, et le texte biblique est inclus dans son intégralité. De plus, le lecteur trouvera de nombreux encadrés d’application, qui aident à faire le lien entre le texte et le lecteur contemporain, ainsi que des questions de discussion.

Au niveau des difficultés classiques du livre de Job, l’auteur pense que Job est bien un personnage historique et considère que le livre a été rédigé à l’époque des patriarches (une opinion fortement minoritaire). Il comprend positivement la contribution d’Élihou, fait le choix (heureux) de ne pas s’aventurer sur le terrain glissant de la reconstruction textuelle et se montre agnostique sur l’identité de Béhémoth et de Léviathan (un hippopotame et un crocodile, ou alors des figures du chaos et du mal).

Il est peut-être regrettable que l’auteur semble ne pas remarquer l’importance de la réduction au silence des différents interlocuteurs pour le message du livre, quand les discours de différents personnages sont, à divers moments, laissés sans réponse. De même, l’auteur semble penser que l’identification de Léviathan et de Béhémoth n’a que peu d’incidence sur le message du livre, ce dont le présent recenseur doute fortement[1]. Enfin, la datation idiosyncratique que l’auteur propose (l’époque des patriarches) est justifiée de manière surprenante (les éléments énoncés pourraient également s’expliquer par une rédaction plus tardive qui placerait toutefois le personnage de Job à une époque plus reculée) et conduit l’auteur à faire quelques choix interprétatifs surprenants, comme l’impossibilité a priori de références à la résurrection des morts (p. 141), ainsi qu’une focalisation sur ce que Job est en train d’apprendre dans le livre, et non les premiers lecteurs.

Malgré ces faiblesses, ce livre sera très utile pour tous les lecteurs du livre de Job qui souhaitent mieux connaître ce livre, en creusant son contenu et en ne restant pas au niveau de quelques idées reçues au sujet du livre.

Le prédicateur aura intérêt à compléter la lecture de ce commentaire par celui d’un commentaire plus technique, permettant de traiter notamment des questions textuelles ainsi que les allusions du livre à lui-même et au livre des Proverbes, questions peu abordées par Woody Lewis.

Enfin, pour un lectorat souhaitant profiter d’une étude de ce livre biblique davantage dans la perspective de la théologie pratique pour aider nos frères et sœurs qui souffrent, nous attirons l’attention prioritairement sur le commentaire d’Alexandre Sarran[2].


  1. À ce sujet on pourrait se référer à l’excellent ouvrage d’Eric Ortlund, Piercing Leviathan, God’s defeat of evil in the book of Job (New Studies in Biblical Theology 56), Londres, Apollos, 2021, 224 p., malheureusement absent de la bibliographie de Woody Lewis. ↩︎

  2. Job, Le malheur et la foi, Trois-Rivières [Québec], Publications chrétiennes/La Rochelle, 2024, 353 p. (voir https://www.bibliodok.com/recension?x=job-le-malheur-et-la-foi). ↩︎