
Daniel DENK, Invitation à la joie, Un voyage avec Dieu sur les terres de l’épanouissement humain, tr. de l’anglais (An Invitation to Joy, 2023) par Maxime DAKIRELLAH (Sel et Lumière) Charols, Excelsis, 2024, 271 p.
Dans son introduction, Denk s’interroge sur la raison pour laquelle la joie est si rare parmi les chrétiens aujourd’hui alors que « nous sommes faits pour la joie, conçus pour la joie et, oserais-je dire, destinés à la joie. La joie de Dieu coule en nous, elle est notre sang »[1].
Ce livre est le fruit de sa longue méditation sur le sujet de la joie qui, au fil du temps, est devenue pour lui « le prisme par lequel on peut voir et comprendre l’ensemble de la vie du chrétien »[2], bien qu’elle soit « un produit dérivé de quelque chose d’autre »[3], car la joie ne se trouve pas en elle-même.
Tout au long de son livre, Denk suit cette logique afin de nous faire découvrir comment et pourquoi la joie doit être une réalité dans la vie du chrétien.
Au chapitre premier, il nous rappelle que, dès le début de la création, tout est joie. Dieu se réjouit de sa création qui, en réponse, se réjouit de lui en l’acclamant[4]. Il se réjouit même de ses enfants qui, en s’approchant du Christ, goûtent à la joie que leur procure Son Royaume.
Puis dans le second chapitre, il tente de définir ce qu’est la joie en montrant qu’elle est plus profonde, solide et durable qu’une émotion passagère de plaisir ou de bonheur[5]. Elle est le fruit de l’Esprit et, par conséquent, un don de Dieu[6]. Car, selon le Nouveau Testament, la joie « va de pair avec une relation juste avec Dieu en Jésus-Christ, qui se traduit aussi par une juste relation avec les autres… (ainsi) la joie surgit d’elle-même lorsqu’on se repose dans l’amour et la grâce de Dieu.[7] »
Dans les chapitres suivants l’auteur nous montre que Jésus était un homme joyeux et qu’il promet à ses disciples que sa joie sera en eux[8].
Ensuite, dans les chapitres 5 à 7, il attire notre attention sur les différents éléments qui nous permettent d’entretenir la joie ou, au contraire, de l’étouffer. Ses propos sont extrêmement utiles pour nous encourager à la joie.
Avec le chapitre 8, Denk fait face à une question qui vient inévitablement lorsqu’on parle de la joie : « Et la souffrance ? » En se servant de son propre exemple, de celui de Joni Eareckson Tada et de plusieurs passages bibliques, il démontre que « lorsqu’on étudie attentivement le sujet de la joie dans la Bible, on en vient à comprendre que joie et souffrance apparaissent fréquemment côte à côte »[9]. A la fin du chapitre, Denk nous donne cinq pistes pour nous aider à trouver la joie dans la souffrance. Personnellement, je trouve que ce chapitre à lui seul vaut l’achat du livre.
Le livre se termine par quatre chapitres dans lesquels Denk montre dans quelle perspective la joie doit être cultivée : celle du service. Il s’agit du service des frères dans une attitude de don de soi ; du service de la louange de Dieu dans le cadre de l’église locale ; du service du monde, car « [l]a joie de Dieu dans nos vies est sans doute l’apologétique la plus persuasive d’aujourd’hui quant à la foi chrétienne »[10] ; de l’espérance du ciel, car c’est à ce moment-là que notre joie sera parfaite.
S’il faut émettre une réserve, c’est au niveau de l’origine de certaines sources citées par Denk. A plusieurs reprises il fait allusion à la saga du Seigneur des anneaux ainsi qu’aux Chroniques de Narnia, ce qui peut rendre sa pensée un peu imperméable pour ceux qui ne sont pas familiers avec « le monde » de Tolkien et de Lewis[11]. A d’autres reprises, pour soutenir ses propos il cite des auteurs comme le théologien allemand Jürgen Moltmann et le pape François, apparemment sans se préoccuper de savoir si leur définition de l’Evangile correspond à la sienne[12].
Cela dit, à titre personnel, j’ai trouvé cet ouvrage remarquable et extrêmement motivant. C’est pourquoi j’encouragerais tout chrétien à le lire dès le début de sa vie chrétienne, car il confirme une conviction profonde qui est la mienne. C’est que les chrétiens devraient être les gens les plus heureux et joyeux du monde car, en Christ, ils ont trouvé le vrai sens à la vie, sachant que, même dans l’épreuve, ils sont dans les mains d’un bon Père céleste qui est aussi le souverain Maître de l’univers.