
Samuel PEREZ, dir., Hors contexte, Redécouvrez 17 versets connus mais mal compris, Clé, Lyon, 2021, 168 p.
Nous sommes un mercredi soir et c’est la réunion de prière de l’Église. Un homme prie en remerciant Dieu pour sa présence au milieu de nous, car, dit-il : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux »[1]. A coup sûr, Dieu est parmi son peuple réuni et nous nous en réjouissons, mais ce texte concerne-t-il vraiment les réunions de prière de petite taille ?
Prenons un autre exemple. Pourquoi Paul parle-t-il ainsi aux Philippiens : « Je peux tout par celui qui me fortifie »[2] ? A-t-il l’intention de motiver les Philippiens pour réussir leur examen le plus difficile, ou avait-il une autre pensée ?
Pour plus de clarté sur ces versets ainsi que quinze autres versets qui sont communément appliqués de manière plus ou moins maladroite, nous recommandons la lecture du livre Hors contexte. Chacun des chapitres est écrit par un auteur différent, et le livre se lit très facilement. Nous avons apprécié le ton d’humilité de la part des auteurs qui évitent l’écueil de faire la leçon ou même de se mettre en avant comme ayant une certaine autorité de par leur formation théologique. Leur but est simplement de bien comprendre notre Dieu dans sa Parole et de s’y soumettre, en examinant les Ecritures pour voir si ce qu’on nous a dit est exact[3]. Chaque fois, l’auteur présente la compréhension erronée et les raisons pour lesquelles celle-ci n’est pas tout à fait correcte (voire fausse). Ensuite, il y a une explication du texte compte tenu de son contexte biblique, avec une application pour nous aujourd’hui.
Le livre veut également nous donner goût pour que nous lisions la Bible personnellement en faisant preuve d’un peu plus de rigueur. Les auteurs nous livrent quelques brefs outils pour mieux comprendre ce que Dieu veut nous dire par sa Parole.
Nous avons trouvé la plupart des chapitres précis dans leur explication. Toutefois, nous n’avons pas été convaincu par les arguments mis en avant pour soutenir que Proverbes 31 parle non pas d’une (vraie) femme vertueuse mais plutôt de la Dame Sagesse, qui se rapporte à Christ[4]. En termes de la réponse apportée sur le parler en langues en 1 Corinthiens 14.2[5], nous aurions voulu que l’auteur puisse définir ce qu’il entend par la prophétie. En outre, il est dommage que l’explication du chapitre 5 ait été si courte par rapport aux autres contributions.
Nous avons apprécié les deux petits chapitres de conclusions pratiques, qui soulèvent plusieurs questions intéressantes et y répondent bien. L’auteur de cette partie, Florent Varak, recommande aux anciens de nos Églises de prêcher de longues sections de l’Ecriture plutôt que d’aller verset par verset, de manière pêle-mêle. Nous apprécions sa remarque et nous voudrions pouvoir encourager (pour ce qui est du contexte belge francophone) tous les prédicateurs réguliers et ponctuels à continuer de s’équiper afin d’exposer avec droiture la parole de la vérité[6]. En effet, la Bible est claire et la bonne santé de nos Eglises dépend entre autres d’un enseignement fidèle aux Ecritures.