
Tom WRIGHT, avec la collaboration de Dale et Sandy LARSEN, Galates, 10 études à suivre seul ou en groupe (Les guides bibliques pour tous), tr. de l’anglais (Galatians: 10 Studies for Individuals or Groups, 2010) par Marion MARTI, Charols, Excelsis, 2020, 78 p.
Le principe de proposer des cahiers facilitant l’étude des Ecritures « seul ou en groupe », conformément au sous-titre, est excellent. On note également, dans le même genre, la récente parution des premiers guides de la nouvelle série chez BLF « Se plonger dans… », destinés à être utilisés individuellement, en binôme ou en petit groupe. Le livre qui fait l’objet de cette recension fait partie d’une série de guides néotestamentaires sous la plume de N. T. Wright (le choix éditorial « Tom Wright » paraît familier, voire osé !), évêque anglican retraité et spécialiste néotestamentaire de premier plan.
Malgré le format appréciable du livre et les dons pédagogiques connus de l’auteur (cf. p. 59, 67), cette recension se doit d’être une mise en garde, car la conception de l’Evangile promue par Wright est en porte à faux avec le message de l’épître et des Ecritures.
Page après page, Wright met en avant des points de vue propres au courant de « la nouvelle perspective sur Paul », largement – et à juste titre – discréditée depuis quelques années. Le problème auquel l’apôtre Paul s’adresse serait plutôt d’ordre horizontal, concernant les relations entre croyants d’origine juive et non juive : « il n’est pas nécessaire d’appartenir à une ethnie particulière pour entrer dans la famille de Dieu » (p. 19, cf. p. 28-29, passim). En réalité, le problème que Paul aborde dans cette lettre porte sur la façon de vivre en vue d’être déclaré juste par Dieu lors du jugement : l’apôtre souligne que cette justification ne s’obtient pas en mettant en pratique la loi de Moïse, mais par la foi seule, la grâce seule, le Christ seul, le Saint-Esprit seul (Ga 2,16 ; 3,1-5). Ce qui est, pour Wright, un « problème de marqueurs identitaires » (p. 17, dont notamment la circoncision) est, pour l’apôtre Paul, le problème qu’implique la nécessité d’obéir à toute la loi de Moïse en vue du salut – ce qui donne forcément lieu à la malédiction (Ga 3,10 ; 5,2-4). D’après Wright, la justification correspond à « être reconnu par Dieu comme membre de sa famille » (p. 23), alors que, selon Galates, elle consiste en le fait d’être déclaré en bonne relation avec Dieu[1].
On ne peut pas se tromper sur une question aussi fondamentale[2]. Pour les personnes voulant étudier l’épître aux Galates en amont de la parution de Se plonger dans Galates, je recommande le commentaire de Mike Evans[3].
« Est-ce possible d’être légaliste tout en souscrivant à la doctrine de la justification par la foi ? », Le Maillon, été-automne 2019, p. 23-26, https://www.institutbiblique.be/article?x=est-ce-possible-d-etre-legaliste-tout-en-souscrivant-a-la-doctrine-de-la-justification-par-la-foi, consulté le 15 octobre 2025. ↩︎
Wright considère aussi qu’il faudrait comprendre « fidélité de Jésus-Christ » (fidélité dont Jésus-Christ fait preuve) au lieu de « foi en Jésus-Christ » en 3,22. ↩︎
Galates, Commentaire biblique (Comprendre la Bible), Lyon, Clé, 2025, 528 p. ↩︎