
Colin MONTET, Firmin, « Je voulais juste être heureux », Marpent, BLF, 2024, 80 p.
1. Introduction
Parue le 30 octobre 2024, la bande dessinée Firmin, écrite et illustrée par Colin Montet, propose une adaptation moderne de la parabole biblique du fils prodigue. Destiné aux adultes et adolescents à partir de 15 ans, l’ouvrage aborde de manière contemporaine la restauration et le pardon inconditionnel de Dieu envers ses enfants repentants.
2. Résumé de l’histoire
Le personnage principal, Firmin, vit dans une « ferme-refuge », un lieu où des personnes abîmées par la vie trouvent un cadre bienveillant pour se reconstruire. Malgré l’attention et les soins prodigués par son père, Firmin ressent une frustration croissante et rêve d’une vie qu’il imagine plus libre et joyeuse. Un jour, il décide de quitter la ferme Lapaix pour chercher le bonheur dans la ville de Dolor. Certes, les premiers instants sont prometteurs, mais Firmin, influençable et naïf, finit par se heurter aux dures réalités du monde extérieur. Il s’enlise dans des milieux dangereux et tombe dans le trafic de drogue.
Que fera-t-il ? Il faudra lire la BD pour connaître la suite !
En résumé, l’histoire reprend fidèlement la trame de la parabole biblique, tout en l’adaptant à des problématiques contemporaines comme la Covid, les sites de rencontres et les trafics de drogue.
3. Analyse et critique
a) Le scénario et la narration
Comment ne pas être frappé par le talent artistique et le génie littéraire de l’auteur ? La fluidité de l’écriture et l’authenticité des dialogues nous plongent dans l’univers créé par Colin Montet. Je suis particulièrement impressionné par sa capacité à rendre ce récit crédible et proche du quotidien des lecteurs, notamment par l’intégration de thèmes contemporains (addiction, influence des mauvaises fréquentations, regrets liés à des expériences passées, etc.). En somme, l’auteur réussit brillamment à moderniser une parabole ancienne, sans en trahir le message central.
b) Le style graphique
Loin d’être soporifique, les dessins de Firmin sont très expressifs, et les couleurs, contrastées, accentuent les émotions des personnages. Cette esthétique donne du dynamisme à l’œuvre et rend les scènes particulièrement marquantes.
À mesure que Firmin s’enfonce dans sa perdition, le lecteur est plongé dans sa désorientation et sa chute destructrice, notamment grâce à des cases pivotées de 90° dans certaines séquences. Le jeu des ombres et lumières dans certaines planches met en valeur le contraste entre les moments d’euphorie et les instants de solitude de Firmin. Plus il chute dans sa désillusion, plus les couleurs deviennent sombres.
c) Les thèmes et la portée de l’œuvre
Cet ouvrage est non seulement un excellent divertissement, mais aussi un puissant outil d’évangélisation. Firmin permet d’aborder des thématiques qui touchent profondément nos contemporains :
La quête de liberté et ses illusions : Firmin pense trouver le bonheur en s’affranchissant des règles, mais il découvre une réalité bien plus rude.
La rédemption et le pardon : l’histoire nous saisit en nous montrant l’amour, le pardon et la restauration inconditionnelle que le père de Firmin lui accorde.
Cet ouvrage est accessible à un large public, mais il touche particulièrement les jeunes adultes qui peuvent se reconnaître dans les dilemmes du personnage principal. Il réformera peut-être leur vision d’un Dieu lointain et austère, en un Dieu rempli de compassion, d’amour et de grâce.
4. Conclusion
Firmin est une bande dessinée qui réussit à moderniser une parabole biblique tout en conservant son message essentiel.
Points forts et faibles
☑️ Une narration fidèle à l’Évangile
☑️ Des dessins expressifs et une mise en page créative
☑️ Une adaptation réussie du message du fils prodigue dans un contexte moderne
❌ Le texte biblique n’est pas toujours respecté dans ses proportions[1] ;
❌ L’auteur introduit un frère pour Firmin, mais n’évoque pas son mécontentement lorsque ce dernier constate le pardon et la restauration que reçoit son frère. Cet aspect de la parabole biblique n’est pas mineur, et cette omission par Montet ne l’est donc pas non plus.
Il n’en reste pas moins que Firmin est une lecture fortement recommandée pour ceux qui apprécient les bandes dessinées avec un message poignant. Elle peut particulièrement être utile comme outil d’évangélisation, d’autant que, à la fin de la BD, le texte biblique original de Luc 15.1-24 est inclus et que BLF offre la possibilité de recevoir gratuitement le Nouveau Testament.
Puisse cet ouvrage permettre au lecteur de réaliser que « le vrai bonheur, c’est d’être auprès de [s]on père[2]. ».