
Dane ORTLUND, Doux et humble de cœur, L’amour de Christ pour les pécheurs et les affligés, tr. de l’anglais (Gentle and Lowly, 2020) par Marie-Andrée GAGNON, Trois-Rivières [Québec], Publications Chrétiennes, 2021, 230 p.
La lecture de Doux et humble de cœur est l’occasion de bénéficier des réflexions d’autres chrétiens à la suite de leur étude de textes bibliques au sujet du cœur de Dieu pour les pécheurs et les affligés ; selon les mots de l’auteur, il est question de « contempler le diamant unique du cœur de Christ sous de nombreux angles ». Le public cible, selon Dane Ortlund, est le chrétien ordinaire – la personne croyant que Jésus est mort pour ses péchés et qui reste confrontée à sa dépravation, à son péché et à des souffrances. Ortlund sous-entend que le chrétien ordinaire doute par nature de la véracité de l’amour du Christ pour lui. Les textes bibliques cités en début de chaque chapitre sont tirés du Nouveau Testament (évangiles et épîtres) ainsi que de l’Ancien Testament (livres de Moïse, grands et petits prophètes et livres de sagesse), montrant l’unité et la cohérence de l’enseignement biblique au sujet du cœur de Dieu (il ne manque que les prophètes antérieurs). Ortlund montre la pertinence de l’enseignement sur le sujet en faisant le lien entre la théorie et le vécu ; ses propos sont empreints de réalisme et de sensibilité. Quel que soit son passé ou son ressenti face au péché ou à la souffrance, la personne chrétienne est appelée à venir à Jésus qui la reçoit à bras ouverts.
Ortlund fait découvrir au lecteur la richesse de la littérature des puritains (Thomas Goodwin, John Flavel, Richard Sibbes, John Owen, John Bunyan) et d’autres auteurs (Warfield, Packer, Lloyd-Jones, Edwards, Tozer) au sujet de Dieu et de ses affections. Pour des arguments logiques plus développés au sujet de ce que le Christ a accompli, Ortlund renvoie à d’autres livres (p. 21), dont Jeffery, Ovey et Sach, Pierced for Our Transgressions (paru en 2007[1]) qui a fait le lien entre l’enseignement biblique et sa pertinence dans la vie du croyant qui souffre. Ortlund aurait pu mentionner le livre de Donald Carson Jusques à quand ?, Réflexions sur le mal et la souffrance.
Par endroits, j’aurais aimé que Ortlund prenne le temps de démontrer son raisonnement. Au chapitre 5, par exemple, il attribue Hébreux 5,2 directement à Jésus, alors qu’à première vue, le sacrificateur dont parle ce verset a « de la compréhension pour les ignorants et les égarés » parce qu’il est lui-même faible et a besoin d’offrir des sacrifices pour ses propres péchés (v. 2-3). Ce sacrificateur ne peut donc être précisément Jésus. Pour des personnes sceptiques, ce raccourci pourrait miner la crédibilité d’autres propos qui sont pourtant appréciables.
Je ne connais pas de chrétien qui n’a pas besoin de profiter des réflexions présentées dans cet ouvrage. Les chapitres sont courts et compréhensibles même s’ils sont lus indépendamment les uns des autres.
Et malheureusement pas disponible en français, comme d’ailleurs pour plusieurs ouvrages puritains. ↩︎