
Yoanna RIGOTTO, Disciple de Christ… jusque dans ma poubelle, Charols, Excelsis, 2023, 148 p.
Réchauffement climatique, catastrophes écologiques, fonte des glaces, pollution, épuisement des ressources… Depuis quelques années, le mouvement écologique nous alerte de nombreuses manières. Comment se positionner en tant que chrétien ? Faut-il rejoindre le mouvement, ou cela ne nous concerne-t-il pas, nous qui sommes résidents étrangers sur la terre ?
Dans cet ouvrage, l’auteure, Yoanna Rigotto, tente d’attirer notre attention sur une approche chrétienne de l’écologie. Elle débute son livre en rappelant qu’un disciple de Christ doit laisser Dieu agir dans tous les domaines de sa vie, même le plus insignifiant, tel que le contenu de sa poubelle.
Elle démontre aussi que la création faite par Dieu est bonne et que, malgré l’entrée du péché dans le monde, tout chrétien qui aime son créateur ne peut volontairement détériorer la terre sous prétexte que Dieu renouvèlera toute chose à la fin des temps.
Elle explique ensuite que certaines activités nous paraissent neutres, toutefois, au vu de leur impact écologique négatif, celles-ci peuvent en réalité être qualifiées de péchés, puisqu’elles ont des conséquences néfastes sur la création et sur notre prochain.
L’auteure poursuit en donnant plusieurs motivations bibliques pour entamer une transition écologique en gardant nos yeux sur les bonnes priorités (avoir les bonnes motivations, rappel que la démarche sera imparfaite, rappel que Christ est le Sauveur du monde et pas nous, importance de cultiver la simplicité et le contentement en Christ, etc.). Elle donne également quelques pistes pratiques pour nous aider à démarrer et à progresser dans ce domaine.
Ce livre est réellement utile pour le chrétien qui veut réfléchir à cette thématique et examiner ses comportements en matière de consommation.
Beaucoup de principes bibliques présentés dans l’ouvrage sont justes et nous aident à réaliser que nous avons besoin de la grâce et du secours de Dieu et nous exhortent à rechercher à le glorifier dans ce domaine également.
Toutefois, nous émettons certaines réserves quant aux applications données dans le livre : il nous semble que l’auteure va parfois un peu loin en affirmant que ce sujet devrait faire l’objet de nos priorités. Selon nous, il s’agit d’une thématique à laquelle le chrétien doit réfléchir devant le Seigneur mais sans que cela devienne obnubilant.
Ainsi, militer pour le climat auprès d’associations, devenir une église « labellisée verte », revoir entièrement son mode de vie ne sont pas forcément de mauvaises choses en soi mais ne peuvent être poursuivies à un point tel que cela ne laisse plus de temps pour l’essentiel, c’est-à-dire ce qui est en lien direct avec l’Evangile. Bien que l’auteure nous y mette en garde brièvement dans l’ouvrage, nous pensons qu’il existe un gros risque de faire de l’écologie une idole et une fin en soi ou, à l’inverse, de placer une culpabilité excessive sur ceux qui ne seraient pas capables d’une révolution écologique personnelle.
Selon nous, certaines applications des vérités bibliques sont également un peu « raccourcies » : par exemple, affirmer que l’injonction de Jésus à faire des disciples signifie, entre autres, de « faires des écolos », ou mettre en parallèle la persécution à cause de la foi avec l’hostilité des non-écolos envers ceux qui le sont. Nous ne pensons pas qu’on puisse faire un lien aussi direct entre les deux.
Nous conseillons donc d’user de prudence et de ne pas prendre toutes les applications de ce livre comme argent comptant. Cela pourrait constituer une pierre d’achoppement pour un chrétien influençable ou moins mature ou, à l’inverse, encourager des personnes déjà convaincues à imposer ce thème dans l’église comme une priorité absolue.
En conclusion, nous pensons que ce livre est utile pour une réflexion sur l’impact de nos actions en matière d’écologie au regard de l’Evangile, mais nous émettons de grosses réserves sur les applications proposées dans l’ouvrage qui sont parfois démesurées ou inexactes.