Des racines et du zèle

Recension
Calendar16 août 2025
PersonOlivier Favre
Couverture

Jamel ATTAR, Des racines et du zèle, Ourania, Romanel-sur-Lausanne, 2024, 187 p.

Dans son introduction, l’auteur nous dit tout de suite à qui il destine son ouvrage : « Quelle que soit votre situation – que vous ayez seulement un désir fugace de grandir dans la foi ou que vous y tendiez réellement – ce livre est pour vous ! Il aborde le sujet essentiel de la croissance vers la maturité chrétienne et s’adresse à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, aspirent à une vie spirituelle profonde, telle que Dieu la promet à tous ses enfants[1]. »

Au moyen de nombreux exemples et d’illustrations bien choisies, dès le premier chapitre, l’auteur démontre l’importance de se préoccuper des « racines de notre cœur » en vue de porter des fruits spirituels abondants.

Dans le chapitre 2, en s’appuyant en particulier sur l’épître de Paul aux Colossiens, il affirme de façon tout à fait convaincante la centralité et la toute suffisance du Christ pour parvenir à la maturité chrétienne. Ainsi il nous fait comprendre que ce n’est qu’en nous émerveillant toujours plus du Seigneur Jésus et de son œuvre que nos « racines » trouveront la nourriture qui rassasiera notre âme et la juste motivation pour mener une vie de disciple.

Au chapitre 3, en définissant précisément ce qu’est la grâce de Dieu, l’auteur « s’attaque » à cette idée tellement ancrée dans nos pensées, que la faveur de Dieu dépend de nos mérites et de notre obéissance. Mais cela n’est jamais le cas, car il ne s’agirait plus d’une grâce mais d’un dû ! Par contre, il argumente avec raison que la grâce de Dieu, lorsqu’elle est bien comprise, est une puissante motivation à une obéissance sans cesse renouvelée, comme les vagues de la mer qui se succèdent sans fin[2].

Le chapitre 4 est réservé à la démonstration de l’importance d’une repentance régulière si nous voulons progresser dans la foi, car, comme l’auteur l’affirme, « la repentance est un élément essentiel de la marche chrétienne. Elle est la servante de la sanctification à laquelle nous appelle le Seigneur. Et elle la rend possible[3] ». Il prend le temps de la définir, démontrant qu’elle est beaucoup plus qu’un simple regret, car elle implique une réorientation de vie afin de se détourner du péché et de se soumettre à la nature nouvelle qui a été placée en nous par l’Esprit.

Au chapitre 5 l’auteur démontre l’importance de l’église locale. Au moyen de plusieurs images bibliques, il cherche à nous convaincre que nous avons besoin les uns des autres et que, même si les relations sont parfois difficiles dans l’église, c’est là le plan établi par Dieu en vue de notre croissance, puisque nous avons été créés comme des êtres relationnels.

Les chapitres 6 et 7 sont consacrés à deux « mauvaises racines » qui peuvent grandement nuire à notre croissance spirituelle et qui, malheureusement, apparaissent parfois dans notre vie chrétienne. Il s’agit de l’amertume et de l’incrédulité. Il développe ces sujets successivement, prenant soin de nous montrer quels en sont les dangers et comment lutter pour arracher ces deux « racines » de nos vies.

Dans le chapitre 8 l’auteur s’arrête sur « les outils de l’Esprit » qu’il définit comme « les moyens par lesquels [Dieu] nous communique sa grâce[4] ». Il en mentionne sept : La Parole de Dieu, la prière, l’épreuve, l’environnement, les relations providentielles, le service et la discipline. Pour notre part, nous aurions apprécié qu’il intègre un peu mieux ces différents moyens dans le cadre ecclésial et qu’il y ajoute la prédication de la Parole de Dieu et le repas du Seigneur qui, pour les réformateurs, étaient d’importants « moyens de grâce ».

Le livre se termine par un chapitre dans lequel l’auteur nous encourage à la persévérance dans le zèle et l’obéissance, tout en nous rappelant au moyen de 2 Pierre 1.3, que Dieu nous a accordé TOUT ce qui est nécessaire à la vie et à la piété.

C’est un livre qui souligne la centralité de Dieu, tant dans notre salut que dans notre sanctification. C’est pourquoi je suis convaincu qu’il fera le plus grand bien aux chrétiens qui, déçus par leur manque de progrès, sont tentés de rechercher des solutions « faciles » ailleurs qu’en Christ. Il traduit la même préoccupation que plusieurs ouvrages sortis ces derniers temps[5] et dont le but est d’aider les chrétiens à trouver leur identité et leur motivation en Christ pour toute leur vie chrétienne.


  1. P. 8. ↩︎

  2. P.67. ↩︎

  3. P. 75. ↩︎

  4. P. 156. ↩︎

  5. P. ex., Melissa KRUGER, s. d., Identité en crise, Revêtir notre véritable identité en Christ, Lyon, Clé, 2023, 169 p. ; Raphaël CHARRIER, Vivre pour Jésus, Les fondements de la vie chrétienne, Marpent, BLF, 2022, 234 p. ↩︎