
Tim CHESTER, Décider selon Dieu en toute simplicité, La marche dans la sagesse divine, tr. de l’anglais (Decisions Made Simple, 2019) par Dominique FROCHOT, Lyon, Clé, 2024, 95 p.
Comment plaire à Dieu dans ses prises de décision ? C’est le sujet de ce livre de Tim Chester. Le livre est-il bon ? Non : il est excellent ! Et donc il est recommandé ? Eh bien, pas forcément… et pourtant… si ! J’explique…
Grosso modo, dans la littérature dans ce domaine, comme dans la pratique sur le terrain, il existe deux approches différentes pour prendre des décisions. Selon une première approche, on est censé essayer de déterminer le plan divin spécifique pour sa vie (quel métier choisir, quelle Eglise fréquenter, avec qui se marier, quelle sollicitation accepter, comment utiliser son temps le week-end, quels livres lire durant le congé…) Cela passe souvent aussi par la recherche de la paix intérieure et/ou de signes providentiels, et on considère que Dieu nous « appelle » à discerner et à suivre telle démarche. Selon une seconde approche, prônée dans ce livre, on accepte que Dieu ne révèle pas par avance sa volonté spécifique et qu’il nous accorde la responsabilité de faire des choix sages qui soient cohérents avec les Ecritures toutes suffisantes.
En français, trois livres présentant cette seconde approche sont semblables en taille (assez brève), en qualité (haute !) et en accessibilité (ils sont faciles à lire). Suivant l’ordre de leur parution, il s’agit de
- (1) Kevin DEYOUNG, Et si Dieu voulait autre chose pour moi… j’arrêterais de faire du surplace[1] ;
- (2) Jonathan CHAINTRIER, Mes choix, qu’en pense Dieu ?[2] ;
- (3) Tim CHESTER, Décider selon Dieu en toute simplicité (qui fait l’objet de cette recension).
Tous les trois sont excellents au plan théologique et pour ce qui est de leur portée pratique. Si vous avez accès à (1), à (2) ou à (3), et que vous vous reconnaissiez dans la première approche évoquée ci-dessus (c’est-à-dire, vous essayez de comprendre ce que Dieu vous révèle par avance dans les différents domaines de votre vie où vous prenez des décisions), lisez le livre en question : vous serez équipé(e) pour glorifier Dieu dans vos prises de décision, et vous n’avez pas besoin de vous intéresser aux deux autres ouvrages. Vous serez potentiellement libéré(e) d’un mysticisme et d’un subjectivisme malsains dans votre marche chrétienne !
Si vous n’avez lu aucun de ces trois livres, et que vous ayez tendance à suivre la première approche ci-dessus, je vous recommande de vous procurer (2) ou (3). Comment décider entre les deux ? Si vous êtes Français(e) et potentiellement irrité(e) par des livres reflétant une autre culture, optez pour (2) qui ne coûte d’ailleurs que 5€. Sinon, je recommanderais, de justesse, (3), parce que l’expérience et la sensibilité pastorales de l’auteur, et l’accent sur la dimension ecclésiale des prises de décision (ch. 2) donnent une « valeur ajoutée » qui dépasse l’inconvénient qu’entraîne l’ancrage du livre dans la culture britannique[3] et le prix supérieur (9,95€).
Dans le livre de Chester, vous apprendrez, à partir de la parole de Dieu, pourquoi une bonne décision
- est « conforme à la volonté morale de Dieu, révélée dans la Bible »
- est « façonnée par les priorités de l’Evangile »
- « prend en compte ce que cela implique pour le peuple de Dieu »
- est « éclairée par la sagesse de l’Evangile »
- est « animée par des motivations inspirées par l’Evangile » (p. 83-84).
Les explications limpides caractéristiques de Chester sont au rendez-vous[4] et son humour bien déployé[5]. Il traite particulièrement bien la question du langage de l’« appel » (p. 24-31)[6]. J’aurais mis l’accent davantage sur l’histoire du salut dans l’explication de comment utiliser les Ecritures pour prendre des décisions[7], mais c’est un bémol très mineur dans le contexte du projet de ce livre que je compte recommander très chaudement dans mon entourage.
tr. de l’anglais (Just Do Something, 2009) par Suzanne BALTAZARD, Romanel-sur-Lausanne, Maison de la Bible, 2009, 192 p. ↩︎
(Question Suivante ?), Marne-la-Vallée, Farel/GBU, 2014, 61 p. ↩︎
P. 74, 81, 92 notamment. ↩︎
Comme d’ailleurs un texte sans scories qu’on associe aux Editions Clé. ↩︎
Je vous invite à découvrir l’histoire de « René » (p. 37-38)… ↩︎
Dans la liste de la p. 26, Ga 1,15 ne devrait pas figurer (propre à l’apôtre), mais 1 P 1,15 pourrait utilement s’y ajouter. ↩︎
Cf. https://www.youtube.com/watch?v=PzKrmFiqEwM (lien consulté le 19 juillet 2024).
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