
Stéphane Lauzet, Bâtir des ponts, Regards sur l’origine du CNEF (1995–2010), Charols, Excelsis, 2024, 127 p.
Dans ce court ouvrage, Stéphane Lauzet retrace la conception et la naissance du CNEF (Conseil national des évangéliques de France) depuis sa perspective de cheville ouvrière du projet. Tout responsable et membre d’une Église évangélique en France représentée par le CNEF sera intéressé d’en connaître les origines, les défis qu’il a rencontrés et sa mission. En effet, dans l’avant-propos, l’auteur souligne l’importance de se souvenir que nous sommes héritiers et bénéficiaires des labeurs de nos prédécesseurs : « L’oublier c’est prendre le risque de faire le lit du sectarisme ou de l’intégrisme mais s’en souvenir, c’est au contraire s’ouvrir à l’humilité et à la gratitude pour reconnaître la vérité de cette parole de l’Écriture : “qu’as-tu que tu n’aies reçu ?” »[1].
Lauzet retrace, année après année, les grandes étapes de la mise sur pied du CNEF, celui-ci ayant pour objectif d’« être un lieu de prière et d’échanges, de réflexion et de concertation en vue de travailler à renforcer les liens et la visibilité du monde évangélique français »[2]. L’idée était de créer un organisme qui puisse représenter le monde évangélique français dans son ensemble auprès des médias et des autorités. Il s’agissait d’un défi de taille puisque des a priori, des tensions et même des blessures séparaient plusieurs alliances évangéliques à la fin des années 90. Pourtant, nous rendons grâce à Dieu pour la démonstration de l’œuvre de son Esprit qui a permis pardon et réconciliation, ouvrant la voie au rapprochement et à la collaboration entre tous les milieux évangéliques.
Un tel projet a nécessité de se concentrer sur les fondements essentiels de l’Évangile (les convictions de rang A, selon la catégorisation de James Hely Hutchinson[3]) et de faire preuve d’un « œcuménisme évangélique »[4]. En effet, la mission du CNEF est de représenter tous les évangéliques dans toutes leurs couleurs théologiques. Face à certaines incompréhensions et craintes, Stéphane Lauzet veut, à la fois dans son récit, mais aussi en tant qu’acteur au sein du CNEF, fédérer les évangéliques autour de leur tronc commun sans toutefois flouter ce qui singularise chacune des mouvances. Il veut ouvrir le dialogue et permettre la collaboration—quand elle est possible—avec les autres instances représentatives, mais sans compromission : « Cultiver de bonnes relations sans pour autant adhérer à tout ce que l’autre croit, faire valoir ses convictions sereinement mais fermement, c’est un art exigent »[5].
En plus de l’humilité et de la reconnaissance que devrait nous inspirer l’histoire, le lecteur affectionnera l’œuvre de l’Évangile, mise en scène dans les évènements qui ont donné le jour au CNEF et relatés dans ce livre : le pardon et la réconciliation, l’amour et le respect du prochain, la foi.