Audacieux dans la prière

Recension
Calendar8 novembre 2025
PersonJames Hely Hutchinson
Couverture

Alistair BEGG, Audacieux dans la prière, Apprendre à prier comme l’apôtre Paul, tr. de l’anglais (Pray Big, 2019) par Dominique FROCHOT, Lyon, Clé, 2025, 185 p.

Ce livre sur la prière est un joyau. Orthodoxe, abordable, édifiant, bien structuré, émaillé de citations utiles d’auteurs du passé, il a la capacité de redynamiser notre vie de prière et de réorienter nos priorités dans le domaine de la prière.

Alistair Begg, retraité depuis peu, a fait ses preuves dans le ministère pastoral depuis 1975. Il parle dans le livre de son désir de mieux prier, et, en même temps, nous pouvons être motivés à écouter un serviteur de son gabarit qui est expérimenté en tant qu’homme de prière. Mais Begg, malgré quelques remarques autobiographiques en cours de route, dirige nos regards vers l’apôtre Paul et, en particulier, ses prières dans Ephésiens 1 et 3.

Chaque chapitre comporte une idée clé (p. ex., prier pour l’espérance, cf. Ep 1,18) et se conclut par une prière, permettant d’ancrer le contenu du chapitre dans la vie du lecteur et de l’appliquer par la démarche concrète de se tourner vers Dieu. Le chapitre 8, qui insiste sur l’œuvre du Saint-Esprit (cf. Ep 3,16) arrive à point nommé vers la fin du livre pour empêcher le lecteur de rester sur le registre de la théorie : au contraire, il convient d’implorer la puissance de « celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (Ep 3,20).

Ce petit livre n’est pas un traité exhaustif sur la prière[1] et, outre le fait que le Notre Père[2] est plus fondamental que les prières d’Ephésiens 1 et 3, Begg ne va pas aussi loin dans l’étude des prières de Paul que Donald Carson dans La prière renouvelée[3]. Mais la petite taille de ce livre rime quand même avec de grands bonds en avant dans notre vie de prière, car la théologie est solide[4] : « c’est en croissant dans notre compréhension de l’Evangile que notre vie reflètera un changement dans nos priorités » (v. 46). Au lieu de prier « sois avec Tom[5] » ou simplement pour ma bonne santé et ma bonne situation, des considérations spirituelles primeront, et nous prierons « d’abord et avant tout » pour la gloire de Dieu (p. 136).

Des adaptations appropriées ont été réalisées pour un public français[6], notamment dans le choix des cantiques cités, et cette version en français offre l’avantage d’inclure un guide d’étude destiné à faciliter l’appropriation de la matière du livre.


  1. Pour des jalons de la théologie systématique de la prière, je recommande Henri BLOCHER, « Pour une théologie biblique de la prière », Théologie évangélique 5, 2006, p. 85-102. ↩︎

  2. Pour cela, l’ouvrage suivant est recommandé : Albert MOHLER, Une prière révolutionnaire : le Notre Père, tr. de l’anglais (The Prayer that Turns the World Upside Down, 2018) par Ysamina LHERBIEZ, Lyon, Clé, 2022, 150 p. ↩︎

  3. Donald A. CARSON, La prière renouvelée, tr. de l’anglais (A Call to Spiritual Reformation, 1992) par Michèle SCHNEIDER, Cléon d’Andran, Excelsis, 2005, 267 p. ↩︎

  4. Ce n’est pas le sujet principal du livre, mais, pour les personnes qui souffrent, cette citation tirée de Spurgeon est on ne peut plus édifiante (p. 81) : « Je ne connais rien qui puisse autant réconforter l’âme, autant calmer les vagues de chagrin et de peine, autant apaiser les vents de l’épreuve, qu’une profonde méditation sur la nature de Dieu. » ↩︎

  5. Begg va trop loin en affirmant qu’une telle prière est « inutile » (p. 41). Il est vrai que Dieu promet de toute façon d’être avec nous (Mt 28,20), mais il est biblique de demander à Dieu de tenir ses promesses, et l’idée que Dieu soit « avec nous » connote sa présence fortifiante dont nous avons besoin, cf. Ag 1,13 ; 2,4. ↩︎

  6. Il arrive qu’un décalage peu nécessaire entre l’anglais et le français se glisse dans le livre. A la p. 16, nous lisons « les conseils de l’apôtre » (c’est nous qui soulignons) alors que Begg écrit « the ways the apostle lays out ». ↩︎