
Damiano MAIOLO, marié avec Rebecca et père de Noemi (9 ans) et de Emanuela (5 ans), a effectué la dernière partie de sa formation théologique à l’IBB, après avoir étudié au Continental Theological Seminary. Il a reçu son diplôme en 2017 et est pasteur d’une Église à Châtelet, près de Charleroi.
Le Maillon : Quel est le profil de l’Église ?
Damiano : L’Église de Châtelet est d’arrière-plan italien. Elle a été fondée à la suite de la seconde vague d’émigration italienne
en Belgique, suscitée par l’attrait du travail dans les mines de charbon. En 1961, la communauté italienne en Belgique représentait 44% de l’ensemble des étrangers. En 1970, l’émigration italienne a atteint son chiffre record, frôlant 300 000 personnes. Parmi ces émigrés se trouvaient des évangéliques, soit déjà convertis en arrivant sur le sol belge, soit convertis par la suite. Ces hommes et ces femmes, provenant principalement du sud de l’Italie, ayant peu d’instruction et ne connaissant pas la langue française, se sont mis à évangéliser leurs compatriotes.
Plusieurs Églises évangéliques italiennes sont nées en Wallonie et en Flandre. L’Église italienne de Châtelet a célébré son premier culte le 11 juin 1971. Aujourd’hui nous sommes là pour témoigner de la fidélité de Dieu. En effet, cette année nous fêterons notre cinquantenaire !
Le profil de l’Église a légèrement changé depuis sa création. Nous célébrons désormais nos cultes en langue française et non plus en italien. L’Église compte aujourd’hui sept nationalités différentes. Nous conservons tout de même précieusement nos habitudes culinaires méditerranéennes !
Le Maillon : Quelles sont les priorités (les grands axes) de ton ministère ?
Damiano : Mes priorités dans l’Église sont principalement l’organisation des activités de l’Église, la prédication, l’enseignement et les soins pastoraux. Bien entendu, je ne suis pas seul : je suis épaulé par des anciens dans le domaine spirituel et par des diacres dans le domaine logistique.
Je suis aussi engagé dans mon association d’Églises pour le secrétariat de notre district.
Le Maillon : Pourrais-tu évoquer quelques encouragements (sujets de reconnaissance) ?
Damiano : Je suis particulièrement reconnaissant au Seigneur pour l’équipe dynamique qu’il a pourvu à mes côtés dans l’Église. J’ai eu l’occasion de le constater depuis le début de cette pandémie. On a pu réagir afin de continuer à vivre la vie d’Église d’une autre façon durant ces temps compliqués. Nous avons pu répondre aux besoins des enfants de l’école du dimanche, des jeunes, des dames et de l’Église dans son ensemble par les différents moyens de communication.
Je suis reconnaissant au Seigneur aussi pour les membres de l’Église, pour leur soutien, leur persévérance. Nous avons pu constater que les membres ont continué à soutenir financièrement l’Église malgré le fait qu’ils n’étaient pas en présentiel.
Je n’oublie pas Rebecca, l’épouse que Dieu a mise à mes côtés pour m’épauler dans le ministère !
Le Maillon : Pourrais-tu évoquer quelques défis (sujets de prière) ?
Damiano : Sur le plan familial, ces dernières années, notre petite Noemi, qui a de grosses difficultés de langage, fait des progrès. Elle a encore du chemin à parcourir dans le domaine de l’élocution mais nous restons confiants dans le Seigneur !
Sur le plan ecclésial, les valeurs éthiques de la société s’écartent de plus en plus de celles de l’Église. Le défi est de garder l’équilibre pour ne tomber ni dans le légalisme ni dans le libéralisme. Que Dieu puisse nous donner la compassion nécessaire mais aussi la persévérance dans la sanctification pour ne pas nous compromettre avec ce qui déplaît à Dieu !
Cette pandémie a permis à certains de connaître un développement spirituel mais à d’autres un décrochage. Dans une ère où l’appartenance à une Église locale devient « optionnelle », nous avons besoin de découvrir ou de redécouvrir l’importance de l’attachement à l’Église locale. Malgré cette deuxième période de confinement, l’Évangile n’a pas été arrêté dans son progrès ! D’ailleurs, nous avons de nouveaux candidats au baptême ! Nous prions que ce pas puisse être le résultat d’une réelle nouvelle naissance et non la simple adhérence à une religion.
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