Les cours du samedi vus par un étudiant

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Jean-Luc CARDON est membre du consistoire de l’Eglise EPUB de Seraing-Haut. Il suit le programme des cours du samedi au rythme accéléré et nous parle de son expérience…

Sur le mur de la chambre de ma grand- mère se trouvait un petit cadre avec un dessin représentant un petit garçon agenouillé et les mains jointes. Il y était écrit : « Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute » (1 S 3,10). Né dans une famille chrétienne, ayant des grands-parents qui ont connu le réveil du Borinage dans les années 30, je suis tombé dans le chaudron évangélique : presque né dans l’Eglise, puis école du dimanche, groupe d’ados, groupe de jeunes, camps chaque année… La difficulté dans ce genre de début de vie, c’est de connaître la voix de Dieu. Si nous relisons les trois premiers chapitres de 1 Samuel, nous trouvons un enfant consacré à Dieu avant sa conception ; à sa naissance, il est présenté à Dieu ; il habite dans le temple ; il fait le service dans le temple ; « il est agréable à l’Eternel et aux hommes » (1 S 2,26). Mais quand l’Eternel l’appelle par trois fois, il court vers Eli : Samuel ne connaît pas la voix du Dieu qu’il sert. C’est le prophète qui lui indiquera comment répondre : « Parle, Eternel, car ton serviteur écoute. »

Quand j’ai compris que moi aussi je voulais servir mon Dieu, mais que je ne connaissais pas sa voix, j’ai eu besoin d’un « Eli » pour me guider. J’ai cherché comment me former, et j’ai découvert que l’Institut Biblique Belge avait des cours décentralisés qui se donnaient le samedi tous les quinze jours. J’ai donc commencé mon premier cours en septembre 1981 (oui, vous avez bien lu) et j’ai survolé pendant six ans le programme complet sans pour autant passer tous les examens. Mais après une longue période, Dieu m’a de nouveau interpellé et je me suis réinscrit le 1er décembre 2007 pour le séminaire d’homilétique, et depuis je n’ai plus décroché.

Aujourd’hui, je suis satisfait de mon avancement dans le programme, et grâce à Dieu je peux continuer à participer même au rythme accru que représente le doublement des cours. Il n’est pas toujours évident de jongler avec la vie familiale, la vie professionnelle, la vie d’Eglise, et en plus étudier et faire ses lectures et ses devoirs. C’est un engagement de toute la famille : un samedi sur deux, mon épouse et mon dernier fils se retrouvent seuls toute la journée à la maison. De plus, je travaille en feu continu, c’est-à-dire matins, après-midi, nuits, samedis, dimanches et jours fériés. L’avantage de ce genre d’horaires, c’est la possibilité d’être libre en journée quelques heures. L’engagement dans l’Eglise n’est pas non plus à négliger : en effet, en tant que membre du consistoire, je préside certains cultes et réunions de prière et prends en charge parfois des cycles de quatre réunions d’étude. C’est vrai que le samedi soir, après avoir essayé d’être à la hauteur pour réussir un examen et avoir suivi deux cours durant la journée, la fatigue se fait sentir (je n’ai plus 20 ans), mais combien l’enrichissement de la parole de Dieu fait oublier la peine. De plus, sur le temps de midi, le fait de manger entre étudiants d’Eglises différentes, d’horizons différents, d’engagements divers, resserre des liens fraternels et conforte dans la communion et la grâce de Dieu.

Pour ce qui est du programme proposé, la diversité des cours permet d’étoffer les connaissances aussi bien sur le plan biblique, que théologique, doctrinal, historique, pédagogique… avec toujours un accent sur la mise en pratique. La possibilité pour les étudiants en cours du samedi de goûter aux langues bibliques est un plus, même si la difficulté de libérer du temps pour l’apprentissage est réelle. De plus, avec l’âge, la mémoire fait parfois défaut. Il n’empêche que dans le cadre de mes activités d’Eglise, j’ai eu recours plusieurs fois à une vérification dans le texte grec. Je ne suis pas un érudit, mais, avec Dieu, on peut faire des exploits.

En conclusion, je suis heureux d’avoir retrouvé les bancs de l’école même après plusieurs années. Je reste toujours un Samuel en recherche de la volonté de Dieu. Que l’Institut Biblique Belge reste un Eli qui conduit vers la voix de Dieu, et que d’étudiants que nous sommes, nous devenions des disciples accomplis qui deviendront à leur tour des Elis.

Un petit conseil pour ceux qui veulent s’engager : n’attendez pas trop longtemps.

Que le Seigneur bénisse l’IBB et son équipe.