
De nombreuses générations d’étudiants se sont retrouvées face à une question en entrant dans le bâtiment de la rue du Moniteur où se déroulent nos activités : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
C’est une question qui provient d’une parabole de notre Seigneur (Lc 18,1-8). Mais avons-nous compris ce qu’elle signifie ?
On peut aisément croire que cette question revient à dire ceci : « Lors du retour de Jésus-Christ, y aura-t-il ne serait-ce que quelques croyants sur la terre ? » Et il s’agit presque de cela. Dans cette parabole, les croyants – les élus (v. 7) – sont définis par leur démarche de prier jour et nuit. Je pense que le sens du verset 8 est le suivant : « Lors du retour de Jésus-Christ, y aura-t-il ne serait-ce que quelques personnes en train de prier Dieu continuellement ? » Si Jésus revenait avant Pâques, nous trouverait-il en train de prier ? Et, en effet, le but de cette parabole est d’inciter les disciples de Jésus à « toujours prier, sans se lasser » (v. 1). C’est Jésus qui le dit. En l’occurrence, ce verset est affiché ailleurs dans le bâtiment.
« Toujours prier, sans se lasser » : cela ne veut pas dire « prier à chaque minute de chaque journée, sans interruption », mais plutôt que la prière doit revenir encore et encore.
On pourrait objecter : « Mais il ne faut pas oublier le reste de la parabole qui évoque les circonstances dans lesquelles on prie ainsi ! Il s’agit de la pression, de l’hostilité, de l’injustice commises à l’encontre des croyants. Et cela ne nous concerne pas spécialement, nous qui vivons en 2024/2025 en Occident. Pour nous, prier, ce n’est pas urgent… ».
Il est vrai que cette parabole trouve une application particulière dans la vie de nos frères et sœurs de par le monde qui sont persécutés et qui sont face à ce choix : soit prier soit jeter l’éponge en tant que croyants. Si le juge inique finit par faire justice à la veuve persistante, a fortiori Dieu fera de même vis-à-vis des siens. Jésus va revenir, et les élus seront délivrés. Il vaut la peine pour nos frères et sœurs persécutés de persister dans la prière.
Mais cet évangile de Luc définit tous les croyants comme étant ceux qui persévèrent (8,15) – non seulement celles et ceux qui sont face à l’épreuve mais encore celles et ceux qui sont face aux inquiétudes, aux richesses et aux plaisirs de la vie. Jésus-Christ est mort pour le pardon de nos fautes, mais nous sommes appelés à fuir la séduction du monde qui peut miner notre persévérance dans la foi (cf. 17,27-28). En effet, la pression spirituelle est toujours présente pour le croyant qui est cohérent dans sa vie de disciple (cf. 9,23). Il est normal pour tout croyant de prier « Marana tha », « Seigneur, viens » (cf. 1 Co 16,22 ; Ap 22,20).
Nous avons la responsabilité – et aussi le privilège – de prier continuellement, sans nous lasser.
