
Le texte qui suit correspond à un court exposé prononcé par James à l’occasion des Assises de l’Expo- Bible (par Zoom) le 10 février 2021. Le style oral a été essentiellement conservée.
S’attacher à la véracité des Écritures dans un monde qui rejette Jésus-Christ peut sembler excessivement difficile. A mesure que nos sociétés occidentales s’éloignent des normes bibliques en matière d’éthique, les structures de plausibilité du christianisme aux yeux de nos interlocuteurs non-croyants sont progressivement minées. Par exemple, notre conviction que le mariage homosexuel n’est pas le mariage sonne de plus en plus arriéré et nous coûte de plus en plus cher. Et, dans un monde de « fake news », il serait facile de nous sentir sur la défensive lorsque Michel Onfray déclare que notre Dieu est « violent, jaloux, vengeur, misogyne, agressif, tyrannique, intolérant[1] ».
Mais je voudrais être optimiste. Je pense que nous sommes en droit de prier et d’œuvrer en vue d’un cas de figure de rêve. Voici ce qui pourraient être les composantes de la réalisation du rêve.
Je rêve d’Églises évangéliques remplies de croyants lambda qui sachent défendre l’inerrance biblique, qui soient encore plus prompts à annoncer l’Évangile et qui soient capables d’exprimer convenablement les liens entre les deux. J’explique…
*D’abord, capables de défendre l’inerrance biblique. Face à la question « Pourquoi croire que
la Bible est la parole de Dieu ? », je pense que beaucoup de personnes au sein de nos assemblées répondraient de façon fidéiste :« Je le sais par la foi », « J’entends la voix de Dieu dans les Écritures ». Et c’est une réponse bibliquement légitime (les Écritures s’auto-authentifient). Mais dans la réalisation de cette première composante du rêve, nos frères et sœurs liraient un livre tel que celui de Peter Williams[2]et seraient capables de parler de manuscrits, de sources historiques, d’archéologie, de transmission du texte. Ils seraient même capables de démontrer à partir de la raison que la Bible est la parole de Dieu.
*Deuxième composante de la réalisation du rêve. Ces mêmes personnes ne seraient pas connues pour de telles questions d’apologétique mais pour leur passion pour l’Évangile de Jésus- Christ. Elles saisiraient des occasions d’annoncer cet Évangile, et s’exprimeraient clairement sur les aspects politiquement peu corrects de l’Évangile – le péché, le jugement, la suprématie du Christ, l’unicité du Christ pour le salut, la nécessité de la repentance. Elles le feraient tout en étant remplies d’un amour transparent pour leurs interlocuteurs non-croyants.
*Troisième composante de la réalisation du rêve. Ces croyants lambda seraient au bénéfice d’une bonne clarté doctrinale quant à l’articulation entre leur défense des Écritures et leur annonce de l’Évangile. Leurs recherches en matière d’apologétique fortifieraient leur confiance dans la parole de Dieu. Ils jouiraient d’une confiance dans la véracité des Écritures au point d’être décomplexés. Ils seraient tellement ravis par le pardon des péchés en Jésus-Christ et l’imputation de la justice du Christ dans leur propre vie : ils seraient fiers du contenu de l’Écriture au point de ne pas se sentir sur la défensive. Ils seraient conscients de ce que « [l]a Vérité est comme un lion ; on n’a pas besoin de la défendre ; détachez-la ; elle se défendra elle-même[3] ».
Ils seraient conscients de la doctrine de l’incapacité totale – que les non-croyants sont morts, aveugles, sourds, enchaînés, dans les ténèbres, etc. Ces non- croyants ne pourront pas être sauvés sur la base d’arguments en faveur de la véracité des Écritures (cf. Lc 16,31). Mais ils pourraient être sauvés par l’annonce de l’Évangile. Et donc les croyants lambda de nos Églises sauraient que, face aux post-modernes, aux personnes musulmanes, aux Catholiques, aux orthodoxes russes, etc., personnes qui ne partagent pas leur perspective sur la parole, leur premier devoir est de leur annoncer l’Évangile. Mais face à ceux qui se disent déjà croyants et/ou qui exercent une certaine influence sur d’autres croyants, ils seraient capables de corriger leurs malentendus et leurs faux enseignements en ce qui concerne le caractère de l’Écriture, cela dans le bon cadre et avec douceur. Certes, ils seraient conscients que c’est surtout le devoir des anciens (Tt 1,9 ; 2 Tm 4,3-5), mais si mon rêve se réalise, d’autres seraient capables de le faire. Car ils sauraient que l’intégrité de l’Évangile présuppose l’intégrité de la Bible.
Pour résumer mon rêve selon les termes de l’Expo-Bible, les croyants lambda de nos Églises seraient à l’aise avec chaque panneau, mais leur passion serait le point culminant de l’Expo-Bible (le dernier panneau) – le message lui-même.
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