Impact Durable ! Yves Duchenne

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Dans la rubrique « Impact durable ! », nous demandons à des anciens de l’Institut ayant une dizaine d’années de recul depuis leur formation chez nous de s’exprimer sur leur ministère actuel au regard de cette formation.  C’est au tour d’Yves Duchenne, pasteur de l’Eglise Protestante Evangélique de Charleroi Nord, de nous livrer ses réflexions.

Le Maillon : Avec le recul, dans quelle mesure ces moments-phare du calendrier de l’Institut se sont-ils révélés bénéfiques pour ton ministère ?  (a) Les journées de prière ; (b) les semaines d’évangélisation

Yves : Mes années à l’IBB font partie des meilleurs souvenirs que j’ai de ma jeunesse (j’y ai étudié de mes 18 à 22 ans). Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas un instant ! Mon seul regret : que ces années aient été trop courtes ! Encore aujourd’hui, après plus de 10 ans dans le ministère, je réalise combien ces années ont été déterminantes dans mon parcours spirituel.

Tout parent reconnaît que les premières habitudes inculquées
à un enfant sont déterminantes pour la suite de son éducation. Si donc les bases sont solides, l’enfant s’épanouira. Je pense que c’est dans cette optique que nos professeurs nous ont toujours encouragés à prier et à partager notre foi.

Je dois avouer que la première fois que j’avais vu sur le calendrier « journée de prière » et « semaine d’évangélisation », je m’étais demandé si j’arriverais à tenir un tel marathon ! Mais contre toute attente, ce que j’appréhendais fut finalement une expérience nécessaire et formatrice à de nombreux égards. Je me contenterai de relever quatre points qui m’ont personnellement marqué durant ces deux temps forts du calendrier de l’IBB.

Premièrement, l’émerveillement. Beaucoup d’étude fatigue le corps, dit l’Ecriture (cf. Ec 12.12). L’étude, ce n’est pas ce qui manque à l’IBB : doctrine, éthique, histoire, grec et hébreu, etc… Par contre, il n’y a rien de plus rafraîchissant pour l’âme que de s’émerveiller devant les perfections de Dieu. J’ai trouvé, dans ces temps de prière et ces moments de partage de l’Evangile, une suite logique à la réflexion théologique : l’expression de notre émerveillement et l’invitation à s’émerveiller.

Deuxièmement, la dépendance à Dieu. Tout travail que Dieu ne bénit pas est vain (cf. Ps 127.1-2). La quantité de travail à l’IBB en plus de l’engagement dans nos Eglises nous confrontent à nos limites, ce qui peut parfois être stressant ou décourageant. Nos limites mettent en exergue la grâce divine : l’œuvre excellente de Dieu qui se poursuit malgré nous, en nous et à travers nous. Ainsi, dans la prière et la proclamation de la Parole, nous sommes conduits à reconnaître
ce besoin de Dieu et à compter sur lui.

Troisièmement, la présence à Dieu. A. W. Tozer disait qu’un homme peut tout savoir sur le pain et pourtant mourir de faim. Je crois ainsi que le bon étudiant de la Bible n’est pas seulement celui qui a de bonnes notes, mais surtout celui qui répond à l’invitation à sentir et à goûter jour après jour combien Dieu est bon (cf. Ps 34.9). Je remercie l’IBB pour ces journées de prière et ces temps d’évangélisation où nous avons été invités à prendre conscience de cette merveilleuse communion avec Dieu qui nous est donnée en Christ par l’Esprit-Saint.

Quatrièmement, la présence aux autres. « Qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble », dit le Psaume 133. Combien cela s’est vérifié dans la prière lorsqu’étudiants et professeurs intercèdent les uns pour les autres – aussi bien pour le parcours académique qui fut parfois très éprouvant pour plusieurs d’entre nous, que pour les campagnes d’évangélisation et les situations particulières des uns et des autres. Encore aujourd’hui, d’anciens camarades de classe sont toujours des amis et des alliés dans la prière.

Le Maillon : Pourrais-tu parler d’une matière que tu as étudiée à l’Institut qui a été particulièrement bénéfique pour ton ministère ?

Yves : J’ai du mal à répondre à cette question, car, avec le recul, je constate que toutes les matières (même celles qui paraissent parfois moins attrayantes !) sont importantes et interdépendantes. Après l’IBB, j’ai ainsi débuté le ministère pastoral avec une belle boîte à outils. Au fil des années, ce sont des outils bibliques qui se sont aiguisés et d’autres que j’ai ajoutés à ma boîte au fil des formations continues, des expériences, des lectures et des rencontres providentielles.

L’ensemble des cours donnés à l’IBB contribuent à façonner
un esprit, une manière de voir, de penser à travers les Ecritures. Ce sont précisément ces outils réflexifs qui font, à mon sens, la force d’une formation biblique et qui bénéficient à tous les aspects du ministère, en particulier à celui de la piété.

Je ne ferais donc pas de jaloux entre ceux qui furent naguère mes professeurs et les remercie du fond du cœur. Car sans leur ministère je ne serais probablement pas celui que je suis aujourd’hui, sachant qu’il y en encore tant à apprendre !

Calendar18 juillet 2022