
Dans la rubrique « Impact durable ! », nous demandons à des anciens de l’Institut ayant une dizaine d’années de recul depuis leur formation chez nous de s’exprimer sur leur ministère actuel au regard de cette formation. C’est au tour de Thomas Geronazzo, pasteur de l’Eglise Protestante Evangélique de Herstal en région liégeoise, de nous livrer ses réflexions.
Le Maillon : Avec le recul, dans quelle mesure ces moments phares du calendrier de l’Institut se sont-ils révélés bénéfiques pour ton ministère ? (a) Les journées de prière ; (b) les semaines d’évangélisation
Thomas : Les journées de prière m’ont permis de réaliser mon incohérence et ma faiblesse. J’ai pour ainsi dire toujours pensé que la prière était importante, mais en pratique ce n’était pas facile de passer une journée dédiée à la prière.
Ces journées m’ont permis de réaliser, en compagnie d’hommes de prière chevronnés, que la difficulté de la prière fervente n’est pas une question d’intensité, de décibel, d’élocution/formulation. La difficulté est simplement de se reconnaître véritablement dépendant et nécessiteux devant Dieu au point d’investir une journée entière dans la prière. Je sais par instinct et par culture chrétienne que la prière est importante, mais mon cœur tortueux a tendance à oublier à quel point je suis nécessiteux et à quel point je ne peux rien par moi-même.
Le souvenir de ces journées de prière me pousse à me questionner sur la place de la prière dans mon agenda aujourd’hui et me rappelle aussi les difficultés et les excuses dans la vie de prière.
Je me remémore parfois les semaines d’évangélisation avec l’IBB. Ces semaines m’ont appris que partager l’Evangile est quelque chose de merveilleux, mais en même temps qui est franchement difficile. C’était bon de vivre cela avec d’autres élèves et avec des professeurs et pasteurs expérimentés. J’ai pu réaliser que cela n’était facile pour personne, qu’il nous fallait un réel amour, un réel souci pour les autres.
Bien souvent la difficulté, c’est que la peur n’est pas là où elle devrait être. Je dois reconnaître que j’ai plus souvent peur de passer pour un idiot que réellement peur pour l’âme de mon interlocuteur et souci pour la gloire de Dieu.
Le Maillon : Pourrais-tu parler d’une matière que tu as étudiée à l’Institut qui a été particulièrement bénéfique pour ton ministère ?
Thomas : Le cours de Théologie Biblique m’a bien impacté et il m’est utile à bien des égards. La théologie biblique revient à prendre un thème et regarder comment ce thème évolue à travers la Bible, en partant de la Genèse et en allant jusqu’à l’Apocalypse. Avoir une telle perspective d’ensemble sur la Bible me permet de pouvoir aborder un thème ou un livre en ayant une idée de l’ensemble.
J’ai déjà pu en faire profiter l’Eglise à plusieurs occasions, à travers des séries d’études bibliques, séries de prédications et séries d’enseignements pour les jeunes.
A l’approche de Pâques, j’aime faire de la théologie biblique. En une rencontre, je propose un survol de la Bible, en regardant par exemple le thème du sacrifice dans la Bible. Le voyage débute par le premier sacrifice qui a dû être fait afin de confectionner un vêtement pour couvrir la honte d’Adam et Eve suite à leur rébellion, en passant par le sacrifice d’Abraham dont la victime (un bouc) est pourvue par Dieu. Enfin, après plusieurs étapes, nous en arrivons au sacrifice nécessaire et ultime qui est pourvu pour nous : Dieu le Fils, Jésus Christ, l’Agneau sans défaut pourvu pour notre pardon.
Avoir une bonne théologie biblique nous permet de mieux réaliser que la Bible forme un tout uni qui nous révèle de façon progressive l’amour de Dieu pour nous.
