
Dans la rubrique « Impact durable ! », nous demandons à des anciens de l’Institut ayant une dizaine d’années de recul depuis leur formation de s’exprimer sur leur ministère actuel au regard de cette formation. C’est au tour de Marc-Etienne Debaisieux, qui a assumé, à partir de 2013, la charge pastorale de l’Église Protestante Evangélique de Cavaillon, près d’Avignon, et, à partir de 2020, celle de l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes, dans le 17e arrondissement de Paris.
Le Maillon : Avec le recul, dans quelle mesure ces moments phares du calendrier de l’Institut se sont-ils révélés bénéfiques pour ton ministère ? (a) Les journées de prière ; (b) les semaines d’évangélisation
Marc-Etienne : Ce que je retiens des journées de prière organisées à l’IBB :
- La prière peut s’apparenter à une lutte. Epaphras (Col 4,12) était souvent cité comme un exemple, si je m’en souviens bien. Cela implique que l’on doit se donner. Ce n’est pas toujours très spontané : on est fatigué, on a de la peine à entrevoir où cela mène de prime abord… mais j’ai fait bien des fois l’expérience qu’en ressortant j’avais en réalité les idées plus claires, et dans un sens j’étais plus reposé… en Dieu.
- La conviction que la prière change des choses même si ce n’est pas immédiatement visible. Il vaut la peine d’y consacrer du temps et de le planifier dans nos vies personnelles et dans la vie de l’Eglise. Car dans le plan souverain de Dieu, nos prières sont des moyens qu’il utilise pour faire sa volonté. Notre persévérance compte. Il n’y a pas eu qu’une seule journée de prière dans mon cursus à l’IBB mais elles revenaient une fois par semestre. Cela m’a encouragé à valoriser cette persévérance.
- Dieu nous montre, dans sa parole, ce qui devrait être l’objet de nos louanges, de nos requêtes, etc. Les journées de prière étaient stimulées par des temps de méditations bibliques qui nous orientaient pour différents moments d’intercession ensuite. Cela a élargi ma vision de tout ce pour quoi il est important de prier.
Mais quel impact durable après l’IBB ? Dans l’Eglise que je sers actuellement, nous avons une réunion de prière communautaire une fois par mois. Nous organisons cinq jours de prière ensemble, à chaque rentrée de septembre et de janvier … et une soirée en fin d’année scolaire (tout début juillet) dédiée à la reconnaissance à Dieu pour toute son œuvre parmi et à travers nous.
Sur un plan personnel, au début de chaque journée je prends la liste des membres et personnes qui fréquentent régulièrement notre Église et je prie pour un certain nombre afin de parcourir toute la liste en deux semaines. Ces dernières années, j’ai le privilège de le faire avec mon collègue pasteur et/ou les stagiaires qui passent par notre assemblée.
Nos réunions d’équipe ou d’anciens sont ponctuées, elles aussi, de prière entre chaque grand point de l’ordre du jour. C’est notre façon de mettre en pratique Actes 6,4 qui mentionne la prière comme une tâche super importante du ministère chrétien.
J’ai aimé participer aux semaines d’évangélisation de l’IBB. On a toujours besoin d’être un peu stimulé pour plus d’audace, mais aussi en voyant les besoins dans les cœurs de ceux qui nous entourent. Les semaines d’évangélisation avec l’IBB ont eu cet effet.
C’était aussi l’occasion de découvrir des environnements socio-culturels différents (à Woluwé, dans le contexte de mon Eglise de stage que je découvrais aussi à l’époque, ou à la Garenne-Colombes). Après l’IBB, en tant que pasteur, j’ai fait un saut à l’Eglise de Gap qui accueillait des étudiants de l’IBB afin de voir comment ça pouvait fonctionner en lien avec cette Eglise locale. Et nous avons organisé, un ou deux ans après, une telle semaine avec l’Eglise de Cavaillon où j’étais pasteur à l’époque. On se réjouit de la perspective de refaire l’expérience ici à Paris !
Je constate, avec les années, qu’une approche relationnelle et communautaire est primordiale. Si on réfléchit bien au fond autant qu’à la forme, nous pouvons rendre chaque dimanche une occasion d’inviter des amis, d’annoncer l’Evangile, et d’équiper les membres pour qu’ils puissent répondre aux questions qui surviennent dans leurs discussions avec des voisins, cousins, collègues le reste de la semaine.
Le Maillon : Pourrais-tu parler d’une matière que tu as étudiée à l’Institut qui a été particulièrement bénéfique pour ton ministère ?
Marc-Etienne : Je me souviens d’avoir eu l’impression de marcher sur des nuages chaque fois que je revenais des cours de Bibliologie, de Survol de la Doctrine, de Théologie Biblique des Alliances, des Prophètes Antérieurs, etc.
En réalité, c’est bien la globalité des cours qui a été utile pour moi (y compris le grec et l’hébreu). Je n’aurais pas tenu trois mois dans mon ministère pastoral si je n’avais pas eu la formation que j’ai eue à l’IBB, assortie des exemples de vie de mes professeurs. Je les remercie tous pour ce qu’ils ont investi en moi, leur affection et leurs prières continues depuis toutes ces années.
